jeudi 21 avril 2011

Un autre grand moment meyerholdien...en vidéo!



Pour faciliter la compréhension de ce vidéo (et en profiter au delà de voir de vieilles images...), voici quelques notes de visionnement:

- Il faut noter que jusqu'à 2:40, il s'agit là d'une captation faite autour de 1930 du spectacle phare Le Revizor de Gogol, mis en scène par Vsevolod Meyerhold. Cette production a marqué l'histoire du théâtre russe et mondial.

- Parmi les premiers acteurs que l'on voit, celui à lunettes est Eraste Garine, l'un des grands acteurs russes en ce début de XXième siècle. Après ce grand rôle de Klesthakov (un être retors qui se fait passer, suite à un quiproquo, pour celui qu'il n'est pas), il sera encore de nombreux spectacles de Meyerhold.

- À 0:20, une femme entre en scène. Il s'agit de Zinaïda Reich, l'épouse de Meyerhold. Il fera d'elle sa muse (quelque part au début des années 20) et elle sera de tous les spectacles jusqu'à la mort du premier. Elle mourra de façon tragique, poignardée de plusieurs coups de couteaux, quelques jours après que le metteur en scène soit arrêté, en 1939. Elle interprète là le rôle de l'épouse du Gouverneur, une femme charnelle offerte au plus offrant.

- À 0:34, une autre femme arrive, jouant la fille du Gouverneur, en constant duel avec sa mère (métaphore des frictions entre les deux comédiennes!). Il s'agit de Maria Babanova, la comédienne la mieux rompue au théâtre biomécanique meyerholdien. Malheureusement, elle quittera la troupe du Maître quelques mois plus tard, pour cause d'«espionnage».

- Entre 1:13 et 1:30 , voici une bien belle scène chorale.

- De 2:23 à 2:40, il s'agit, je crois, de la dernière scène du spectacle, la «scène muette».

- De 2:49 à 2:55, c'est Vsevolod Emillievitch Meyerhold lui-même.

- Entre 3:00 et 3:23, une succession de photos se suivent. Si je ne m'abuse, ce sont des photographies de La Punaise de Maïakovski. Un spectacle qui met en vedette un homme projeté dans le futur qui sera, au final, aidé par une femme phosporescente. Rien de moins. La suite du vidéo m'amène dans un univers qui m'est un peu moins familier...

- À compter de 4:10 (jusqu'à 5:06), viennent des images du Théâtre National Meyerhold en rénovation (et en maquettes!) pour devenir LE lieu théâtral par excellence pour le théâtre du furur, tel que Meyerhold l'a conçu... mais qu'il ne verra pas de son vivant.

- Jusqu'à 8:06 je ne saisis pas trop ce dont il est question (et le mort, qui c'est? Maïakovski?). Peut-être devrais-je apprendre le russe. Toutefois, à partir de là, on revient avec des images de spectacles de Meyerhold. Mais il me faudrait faire quelques recherches pour savoir lesquels.

Voilà. Un bon début anecdotique pour quiconque veut s'intéresser à la chose meyerholdienne!

mercredi 20 avril 2011

De la biomécanique... encore!

La biomécanique est basée sur une solide connaissance du corps... et c'est la raison pour laquelle elle est si intéressante. Petit détour par L'Acteur au XXième siècle d'Odette Aslan, p.168-169:

Acquérant des réflexes vifs [..., les interprètes] peuvent réaliser sans peine les actions les plus rudes (ramasser un partenaire étendu à terre, le jeter sur son épaule, le porter, le faire retomber; le saisir à la gorge; le recevoir sur sa poitrine). Conscients de leurs mécanismes corporels, ils savent décomposer, calculer et coordonner leurs mouvements, se vérifier dans leurs corps, s'éprouver, dépasser la peur. Coups de poignard, chute, tir à l'arc, maniement d'un bâton, jonglage... Ils calculent dans le calme leurs trajets et leurs efforts; ils ont acquis une justesse du coup d'oeil, ils se «voient» dans l'espace [...], leurs regards ponctuent leurs gestes. Ils opèrent des mouvements à contresens ou en opposition, déplacent leur centre de gravité et perturbent leur équilibre, ils agissent, réagissent et freinent, ralentissent, transforment le mouvement en danse, jouent sur les rythmes.

Voilà une belle description de cet façon d'aborder le jeu par la conscience de soi et de ses capacités (en lieu et place de la psychologie). Une description qui fait envie et qui redonne envie d'explorer concrètement ce type d'entraînement (parce que c'en est un!). Comment pourrait-on faire passer ces principes du corps à la voix?



Encore quelques principes tirés du même ouvrage pré-cité:

5. Chaque mouvement est composé de trois moments: intention, équilibre, exécution.

18. L'acteur est à la fois le matériaux et l'organisateur; [... il] est à chaque instant compositeur.

24. Le déplacement biomécanique de l'acteur sur l'aire scénique est une demi-course, une demi-marche, toujours sur des ressorts.

32. La biomécanique ne supporte rien de fortuit.

44. Le principe de la biomécanique: le corps est une machine, celui qui travaille est un machiniste.

Enfin, le dernier principe mais non le moindre: L'équilibre physique entraîne un bon équilibre psychique et le travail se fait dans la joie, en allant de l'extérieur vers l'intérieur. À partir d'un mouvement juste un sentiment juste est excité - la posture produit également une intonation vraie - mais sans souci de favoriser le «revivre».


mardi 19 avril 2011

De l'évolution d'un spectacle

J'aurais dû titrer ce billet Comment un spectacle doit-il évoluer selon moi... et il fait référence à tous ces spectacles qui se passent sans le regard constant du metteur en scène qui peut rattacher ensemble les propositions, revoir le rythme, marquer les forces et les faiblesses durant les représentations, bref, continuer la création. Lors de son absence, que se passe-t-il? Oui, le spectacle demeure en évolution.

Ce faisant je pose cependant un bémol sur cette dite évolution (bémol construit par l'expérience...) Évolution ne signifie pas nécessairement qu'il faille que les comédiens recherchent constamment à renouveler le jeu, qu'ils ont une entière liberté dans leurs actions artistiques en scène, qu'ils peuvent faire ce qu'ils ressentent et surtout, comme ils le ressentent, au gré des commentaires qu'ils ont reçu, des rires qu'ils ont suscités. Il leur faut, au contraire, peaufiner leur jeu, acquérir une aisance, une virtuosité... mais dans un ensemble établi en répétition. Il leur faut, enfin, une rigueur exacerbée, une conscience de ce qu'ils font (et, j'ajouterais même, un respect pour tous les artisans du spectacle) qui les empêchera de faire s'éloigner leur interprétation des objectifs artistiques du départ. Il y a une mise en scène qui encadre. Il y a des indications qui règlent le jeu...Un spectacle, c'est fragile... et c'est à eux de veiller sur son intégrité.

Voilà donc comment je crois que ça doit se passer. Il y a là une sérieuse lumière d'avertissement. Une lumière qu'on devrait faire flasher dans n'importe laquelle production où le metteur en scène n'est pas là en permanence pour garder les cordons des représentations.


lundi 18 avril 2011

Devant la parole...


Depuis quelques semaines, je suis à la recherche d'un nouveau rapport au texte, d'une nouvelle façon de l'aborder en tant qu'interprètes (terme générique qui regroupent, à mon sens, metteurs en scène, acteurs et concepteurs) à partir, essentiellement, de deux grandes questions: quel est le rôle du texte? quelle est le rôle de la parole?

Dans cette quête toujours un peu plus inaccessible se retrouve, sur mon chemin, une série de réponses plus philosophiques les unes que les autres...

Dans cette même veine, voici un petit extrait (en p.20) d'un ouvrage de Valère Novarina, Devant la parole, qui édifie -bien métaphoriquement!- la fonction du langage, de la parole, et donc, par extension théâtrale, du texte à la scène.

La parole se souvient, annonce et transmet; elle nous traverse et passe par nous sans qu'on sache. Les mots ne sont pas des objets manipulables, des cubes agençables à empiler, mais des trajets, des souffles, des croisements d'apparences, des directives, des champs d'absence, des cavernes et un théâtre de renversement: ils contredisent, il chutent. La langue ne saisit rien, elle appelle - non pour faire venir mais pour jeter de l'éloignement et que vibre de la distance entre tout; elle prend sans prendre, éloigne-rapproche; elle maintient loin et touche. Il y a une dynamique verbale, une physique-antiphysique, un drame géologique de la parole. Le langage est une terre, un sol: ici sont des ondulations, là des traces, des failles; ici des soulèvements, des entrailles, des plis; là des effondrements, des gouffres; ici des poussées. La langue est une matière innommable, invisible et très concrète, sédimentée. Elle bat, elle ondule, va et vient. On est dedans comme dans le théâtre de la matière universelle.

Quel beau programme.




Reconnaissance


Une proposition de Roger Blackburn dans l'édition d'hier du Progrès-Dimanche me semble faire sens: rebaptiser le Théâtre du Palais Municipal à LaBaie en Théâtre Ghislain Bouchard, du nom de l'auteur et créateur des grands spectacles... dont La Fabuleuse qui refera une entrée en scène cet été.

Une reconnaissance importante et méritée... et qui si un endroit théâtral doit porter son nom, que ce soit celui-là.

dimanche 17 avril 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 17 au 23 avril 2011)


Comme pour l'image ci-dessus, faisons un tour dans l'arrière scène du calendrier théâtral pour voir ce qui animera cette semaine sainte entre le dimanche des rameaux (aujourd'hui) et Pâques (dimanche prochain).

De jeudi à samedi - du 21 au 23 avril 2011
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h
AVANT-DERNIÈRE SEMAINE

Le Théâtre Mic Mac présente La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir, une pièce de Michel-Marc Bouchard mise en scène par moi-même. Comment mettre à l'abri un bonheur conjugal de l'invasion des parents, des amis et des relations? Comment éviter l'ouverture d'une porte ne provoque un flot de personnages de tout acabit qui vous trouvent si «accueillant» et finissent par vous exploiter?

De jeudi à samedi - du 21 au 23 avril 2011
Petit Théâtre (UQAC), h?

Les étudiants du BIA en théâtre présentent, sous la direction de Jean-Paul Quéinnec, La Tempête du grand Will Shakespeare. (Il y aura plus de détails dans les jours à venir.)

C'est tout... sinon la religion catholique qui se mettra en scène tout au cours des jours à venir...

vendredi 15 avril 2011

«Le monde est une pièce de théâtre ; il faut apprendre à jouer son rôle.» (Palladas)

Dessin de Philippe Tastet, animateur-dessinateur de congrès... (www.philippetastet.com)


Que toute vie collective, quelle qu'elle soit, représente ou théâtralise son activité ou les rôles qu'elle institue, que tout existence sociale soit dramatisée, cela ne fait aucun doute: un mariage, une discussion politique, une séance de tribunal, un office religieux, une exécution capitale, le supplice d'un hérétique ou d'une sorcière sur la place publique, une fête de famille, un cours d'université sont des actes de théâtralisation écrit, en 1976, Jean Duvignaud dans la plaquette Le Théâtre parue chez Larousse.

Bref, tout est théâtre... et aujourd'hui, outre le vaudeville des élections fédérales, un autre spectacle à grand déploiement prendra les planches dans quelques heures: le XVIième congrès national du Parti Québécois, avec ses personnages principaux, les secondaires et les figurants; avec ses petits drames, ses alliances, ses coups bas; avec ses discours et ses envolées poétiques... et aussi, le suspense du vote de confiance, véritable noeud gordien de la fin de semaine.

jeudi 14 avril 2011

D'un été à l'autre!


Pour meubler mes temps libres, je me suis remis à la lecture en quête du texte qui me titillerait assez pour le porter jusqu'à la programmation 2011-2012 du Théâtre 100 Masques.

Après Aristophane (en 2010) et Sophocle (en mars dernier), après un détour par le vaudeville cette année, je crois que la prochaine production estivale (à l'été 2012) s'abreuvera de nouveau à la source antique (parce que nous la connaissons si peu alors qu'elle est admirable!)... mais cette fois, avec un bond dans le temps -oh, assez court- pour aborder la comédie latine... plus particulièrement celle de Plaute (vers 254-184 av. J.-C.).

Après avoir fureter d'un bord et de l'autre dans des vieux bouquins, une pièce m'attire encore une fois (parce que j'y avais déjà pensé il y a quelques années): Aulularia... dont le titre en français est plus signifiant: La Marmite. Cette pièce, qui met en scène un vieillard qui perd la tête pour une marmite emplie d'or, est réputée pour avoir servi de base à L'Avare de Molière... et en effet, nous ne sommes pas loin d'entendre, en lisant ce texte, «Ma cassette! Ma cassette!» d'un Harpagon désespéré.

Ainsi, une pièce qu'on ne connaît pas tout en étant en terrain connu. Une pièce au schéma dramatique simple mais efficace qui fait agir des personnages colorés et fort typés, proches ancêtres de la comedia dell'arte. Une pièce donc qui aurait assez d'intérêt (historique, dramaturgique, référentiel et théâtral!) pour prendre les planches. À suivre...


mercredi 13 avril 2011

De choses et d'autres... en statistiques!

Voici un article intéressant, paru dans La Presse, le 11 avril dernier... donc avant-hier... article titré Arts de la scène: bien jouer son métier. Une suite de statistiques et d'affirmations qui laissent songeur...

Caroline Rodgers,
collaboration spécialeLa Presse

(Montréal)
Beaucoup de jeunes rêvent de brûler les planches. Monter sur scène et jouer le rôle de leur vie. Ou encore, d'être celui, qui, derrière la scène, travaille à faire du spectacle une réussite.

Entre le rêve et la réalité, plusieurs obstacles se dressent. Comme le résume très bien Raymond Marius Boucher, président de l'Association des professionnels des arts de la scène du Québec, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Un adage que confirment les statistiques: 54% seulement des diplômés des disciplines liées aux arts de la scène travaillent dans leur domaine.

De ce nombre, les chiffres ne disent pas exactement combien, parmi eux, doivent avoir d'autres boulots en parallèle pour boucler leur budget, comme c'est le cas de certains jeunes artistes de la relève.

«Pour les 5 dernières années, 77% de nos membres tiraient 16 000$ par année ou moins de leurs activités artistiques, souligne Raymond Legault, président de l'Union des artistes. Ils font autre chose pour y arriver, comme de l'enseignement.»

Est-ce à dire qu'il faille renoncer à cette voie pour autant? C'est une question de choix personnel. Mais avant de se lancer dans l'aventure, il faut à tout le moins être conscient des défis inhérents au chemin que l'on choisit.

«Ils doivent tout de suite concevoir qu'ils seront femmes ou hommes orchestre, et qu'ils vont probablement devoir faire un peu de tout pour réussir, dit Louise Boucher, Directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en culture. La clé, c'est d'être polyvalent. Ils devront aussi apprendre à faire leur propre mise en marché, à créer leur visibilité, avoir plusieurs cordes à leur arc, à créer leur emploi. Ils devront trouver un équilibre entre leur survie financière et le développement de leurs projets artistiques.»

Aujourd'hui, il faut faire parler de soi pour percer, dit Simon Brault, directeur général de l'École nationale de théâtre. «Il faut utiliser les médias sociaux, faire partie de plusieurs réseaux et travailler sur plusieurs projets en même temps, dit-il. Il faut qu'on s'intéresse au travail des autres pour que nos pairs s'intéressent à ce que l'on fait.»

Cela dit, certains métiers qui touchent davantage aux aspects techniques d'un spectacle, comme régisseur ou directeur technique, sont très demandeés, selon Simon Brault. Cela s'explique par le nombre important de festivals et de spectacles de cirque qui se sont développés au cours des dernières années.


[La suite de l'article, avant d'arriver aux statistiques suivantes (qui semblent encore tellement loin de mon propre - et encore plus pauvre! - nombril) donne l'exemple du cheminement de quatre jeunes professionnels...]
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LES SALAIRES ANNUELS MOYENS

Acteur
17 420$ (avec une formation collégiale)
33 540$ (avec une formation universitaire)

Directeur technique (cinéma, radio, télé, théâtre)
38 012$ (avec une formation universitaire)

Directeur technique (production artistique)
27 612$ (1 formation technique offerte)
30 992$ à 33 540$ (3 formations universitaires offertes)

Metteur en scène
33 540$ à 37 232$ (2 formations universitaires offertes)
[Ce n'est pas mon cas!]

Source: Septembre éditeur
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DES PROGRAMMES POUR TOUS

Bon nombre de formations existent pour qui veut apprendre les arts de la scène, au collégial, à l'université ou à l'École nationale de théâtre. En voici un survol.

Études théâtrales Au niveau collégial
Plusieurs cégeps offrent des formations de deux ou trois ans en théâtre. Différents profils et cheminements sont offerts selon les établissements : interprétation, design, techniques d'éclairage, décors, costumes, etc.

Parmi eux, on trouve notamment: le collège Lionel-Groulx, le cégep de Saint-Hyacinthe, John Abbott College, Dawson College, le Centre d'études collégiales de Montmagny, le cégep Lévis-Lauzon, le cégep de Saint-Laurent et le Conservatoire Lassalle (collège privé).

DEC en gestion et techniques de scène (production)
Diplômés en emploi à temps plein: 64,3%
Salaire annuel moyen brut: 28 236$
Travail en rapport avec la formation: 88,9%

Spécialisation en décors et costumes
Diplômés en emploi à temps plein: 50%
Salaire annuel moyen brut: 29 276$
Travail en rapport avec la formation: 66,7%

DEC en interprétation théâtrale
Diplômés en emploi à temps plein: 52,4%
Salaire hebdomadaire moyen brut: 32 500$
Travail en rapport avec la formation: 54,4%

Interprétation en théâtre musical (collège Lionel-Groulx)
Diplômés en emploi à temps plein: 57%
Salaire annuel moyen brut: 26 052$
Travail en rapport avec la formation: 50%

Études théâtrales Au niveau universitaire

Quatre universités québécoises offrent un choix de certificats, de baccalauréats et de diplômes en théâtre qui préparent les étudiants à des carrières en interprétation, en mise en scène ou en production. Il s'agit des universités Concordia, Bishop's, Laval et de l'UQAM.
[À se demander, sérieusement (et avec raison!), ce que vaut notre formation...]

Situation des personnes titulaires d'un baccalauréat
en art dramatique en janvier 2009

En emploi: 69%
Encore aux études: 27,5%
En emploi à temps plein: 67,3%
Durée moyenne de la recherche d'emploi: 19 semaines
Salaire annuel moyen brut: 33 540$
Travail en rapport avec la formation: 54,3%

Sources: monemploi.com, enquêtes La Relance à l'université, La Relance au collégial, MELS
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Les travailleurs de la scène en chiffres (au Canada)
70% Vivant dans les grands centres urbains
53% Femmes
47% Hommes
45% Travailleurs autonomes
25% Titulaires d'un diplôme universitaire ou d'un titre professionnel
21% 55 ans ou plus
19% Gagnant plus de 50 000$ par an
76% Membres d'un syndicat, d'une guilde ou d'une association professionnelle

Source: Étude sur les RH 2010, tendances et enjeux de ressources humaines dans le secteur culturel, Conseil des ressources humaines du secteur culturel, Conference Board du Canada.

mardi 12 avril 2011

Le personnage, cas de figure?


Voici un extrait (aux pages 10 et 11) de l'ouvrage Le personnage théâtral contemporain: décomposition, recomposition de Jean-Pierre Ryngaert et Julie Sermon. Il explique bien le changement de paradigme de la dramaturgie contemporain qui dilue les acquis de personnage (sexe, âge, contexte socio-économique, description, etc) pour bien souvent ne laisser, en scène (enfin, sur le texte), qu'une voix et encore... Un son. Du personnage (notion somme toute banale), on passe, selon ces auteurs, à la figure:

Au cours de ces dernières années, un mot s'est en effet imposé, plus ou moins instinctivement, dans les discours entourant et commentant les écritures théâtrales: celui de «figure». [...] Il s'agit donc plutôt d'une notion liée aux dramaturgies contemporaines, mais qui renvoie bien à un état «critique» du personnage. Sans qu'elle soit vraiment définie, on parle en effet de figure chaque fois qu'il s'agit de qualifier des êtres de fiction qui échappent à l'emprise du mot «personnage», parce qu'ils en remettent en cause les présupposés ou les déjouent.

L'histoire des mots participe à l'histoire des formes: si, à un moment donné, on ressent le besoin d'élargie le champ du vocabulaire, c'est que ce que les écritures offrent aux acteurs en matière d'incarnation n'est plus appréhendé selon les règles de jeu et d'interprétation établies. Pour comprendre ce que «figure» veut dire, il faut donc s'interroger sur la substitution d'instance et l'ordre de représentation alternatif que cherche à définir, en creux, l'apparition de ce terme-là, et voir en quoi il est effectivement mieux à même de nommer ce qu'on pressent, dans les écritures, comme de nouvelles formes de personnages.


Et maintenant, on tombe dans le croustillant de la chose!

L'intérêt de ce terme est de se trouver au croisement de deux grands champs sémantiques. D'une part, celui du visible: «figure» désigne une «forme envisagée de l'extérieur» - ce qui, au théâtre, invite à opérer un déplacement important. La figure pose la question du personnage comme forme d'apparition avant de le considérer comme une entité substantielle; elle en fait un enjeu de figuration plutôt qu'un objet herméneutique. D'autre part, celui de la technique, au sens très général de conventions ou de codes d'écriture. On parle de figures en rhétorique, mais aussi en géométrie, en danse et, plus globalement, dans tout ce qui à trait à l'acrobatie (cirque, gymnastique, sports de glisse). Parler dans ce contexte de figure, c'est toujours pointer la question du corps (et/ou du langage) mis en jeu dans un espace et selon un protocole donnés. Dans cette perspective, on peut faire l'hypothèse que les figures théâtrales sont intrinsèquement liées à un univers d'écriture, qui impose ses propres règles de jeu et de représentation. Il s'agira de savoir lesquelles.

Voilà. Je trouve cette perspective fort intéressante...

dimanche 10 avril 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

L'Affaire de la rue Lourcine, film mettant en vedette Maurice Chevalier, en 1923

C'est ce matin (et cet après-midi) que débutent les répétitions de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, L'Affaire de la rue Lourcine d'après Eugène Labiche avec, comme distribution, Sébastien Bouchard, Patrick Simard, Louison Renaud, Erika Brisson et Mélanie Potvin. D'après parce que pour accommoder cette distribution, il m'a fallu réécrire. - enfin, ajuster - des bouts de textes.

Une première incursion dans cette dramaturgie (bien que j'affectionne particulièrement ce type de répertoire qui va s'étendre particulièrement dans la seconde moitié du XIXième siècle) incisive et fichtrement drôle.

Voici ce que dit le Dictionnaire encyclopédique du théâtre (de Michel Corvin) sur l'auteur de cette année:

Eugène Labiche (Paris 1815-1888). Auteur dramatique français.

Après de nombreux vaudevilles en un acte avec lesquels il se fait la main avant de se frotter à la grande comédie de mœurs et de caractère, Labiche passe pour l'inventeur d'une situation comique nouvelle, l'absurde, et d'un personnage historiquement daté: le bourgeois crédule et poltron du second empire. Longtemps méprisée ou négligée, on a redécouvert
[récemment] la critique sociale contenue dans son œuvre.

[...]
Labiche a trouvé son thème fondateur et son protagoniste: «Je me suis adonné presque exclusivement à l'étude du bourgeois, du philistin. Cet animal offre des ressources sans nombre à qui sait le voir, il est inépuisable. C'est une perle de bêtise qu'on peut monter de toutes les façons» (lettre du 27 octobre 1880 à Léopold Lacour). Égocentrisme, vanité, cupidité, infidélités conjugales, hypocrisies en tous genres sont désormais les vices déclinés dans ces comédies en plusieurs actes dont les couplets sont progressivement réduits.

[...] Ce sont bien entendu la noirceur de son humour et la férocité de ses portraits qui, en cet auteur auteur, attirent aujourd'hui [les relecteurs de classiques], mais il ne faudrait pas cependant négliger, aux côtés du matériaux très ambigu légué par Labiche, certains partis pris audacieux qui le rangent en son siècle parmi les hommes de progrès [...]. Certains le commentateurs le considèrent même comme l'initiateur du théâtre de l'absurde: celui de Ionesco ou d'Adamov par exemple.

C'est pour toutes ces raisons qu'il me plaît... et c'est parce que son oeuvre, particulièrement le texte choisi, porte une mécanique (quasi d'horlogerie!) solide dotée d'une précision chirurgicale qui crée, en soit, le spectacle. Un rythme ahurissant. Des êtres ignobles, fats, corrosifs... tout pour les rendre attachants.

Au théâtre, cette semaine! (du 10 au 16 avril 2011)


Jeudi - 14 avril 2011
Salle L'Astuce (Cégep de St-Félicien), h?

Le Théâtre du Faux Coffre donne une reprise spéciale de son dernier solo: Le Contre Cabaret... piloté par Contrecoeur et son alter ego, Éric Laprise. Dernier Clown noir à présenter son spectacle solo, Contrecoeur se spécialise dans la pratique du sommeil et du ronflement. Ces deux ingrédients sont à éviter quand on veut accoler le succès à une entreprise théâtrale. Parviendra-t-il à vaincre cette envie folle de dormir qui le tiraille depuis qu'il a vu le jour ? Saura-t-il s'extirper des bras de Morphée pour présenter aux spectateurs tout l'éventail de ses talents de comédien ? Est-ce que ce Contre Cabaret qu'il nous propose sera aussi varié que ses propres rêves ? Mystère. Toutes ces questions trouveront réponses, tout bientôt, sur les planches.

De jeudi à samedi - du 14 au 16 avril 2011
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h
TROISIÈME SEMAINES DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre Mic Mac présente La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir, une pièce de Michel-Marc Bouchard mise en scène par moi-même. Comment mettre à l'abri un bonheur conjugal de l'invasion des parents, des amis et des relations? Comment éviter l'ouverture d'une porte ne provoque un flot de personnages de tout acabit qui vous trouvent si «accueillant» et finissent par vous exploiter?

Samedi - 16 avril 2011
Auditorium d'Alma, 20h

Pour les amateurs de danse! L'Auditorium d'Alma reçoit Romulo Larrea. Après les succès de Tangos pour La Milonga et de la tournée américaine et québécoise de Un siècle de tango /Tango First Century Romulo Larrea et ses artistes sont de retour avec Pleins feux sur le tango / Spotlight on Tango ! La première de ce nouveau spectacle a été présentée en Juin 2009 au réputé Town Hall Theatre de Broadway devant une salle comble et s’est soldée par une ovation debout. Découvrez un univers d’émotions extrêmes… Une musique passionnée, des danses enivrantes et des mélodies inoubliables. Un spectacle novateur au cœur d’une tradition centenaire !

C'est à peu près tout ce qui se profile sur mon écran radar. J'en oublie sans doute...