samedi 7 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]



L'Affaire de la rue Lourcine en chantier devrait se voir aujourd'hui rallonger de trois nouvelles scènes.

Déjà, le travail effectué tourne autour d'une petite demie-heure.

Le plan de travail est toujours de mise. Si la précision et la rigueur ne sont pas nécessairement au point, les rires fusent cependant et je crois que l'on a, entre les mains, une comédie efficace, aussi drôle que physique! Si je m'en tiens au calendrier, un premier enchaînement complet devrait avoir lieu d'ici deux petites semaines (le 21 mai pour être plus précis). Alors, nous aurons une vue d'ensemble sur la pièce, son rythme, ses personnages, ses dynamiques.

Pour cette production, le texte est pris comme matière de base qui peut se voir (et se voit!) modifié, d'abord pour accommoder la distribution en terme de personnages masculins et féminins, revu et corrigé pour lier des situations, des gestes, réécrit pour réintégré des répliques chantées (chose commune dans les vaudevilles). Au final, L'Affaire de la rue Lourcine, version Théâtre 100 Masques, ne sera pas de mais d'après Labiche, la partie originale couvrant peut-être 75-80% de l'oeuvre scénique.

D'ailleurs, dans la même veine, il me faudrait retrouver la source de cette citation qui me convient fort bien et que j'endosse: je ne joue pas un texte je joue avec un texte.

Maintenant, il nous faudra nous concentrer sur toute la recherche esthétique de cette production: scénographie, costumes, lumières, accessoires.

vendredi 6 mai 2011

Tautologie

La théâtralité ne peut se penser hors d'elle-même!
L'envers de la théâtralité
n'est encore que de la théâtralité.

Patrice Pavis, Vers une théorie de la pratique théâtrale

jeudi 5 mai 2011

Le texte comme une série de figures


Le texte théâtral (et son énonciation) se compose, si l'on se colle à la matière brute, à la partition, d'une série de figure (apparemment limitée) qui, s'agençant entre elles, créent le rythme, le sens et, au final, l'interprétation. Une série de figures comme un coffre à outils, un vocabulaire formel à maîtriser pour faire des combinaisons nouvelles, des complémentarités, des ruptures.

Dans un cadre de recherche sur la théâtralité et la performativité, il m'apparaît essentiel de les aborder l'une après l'autre, de les définir et leur donner un contour précis.

En voici une liste (qui n'est peut-être pas exhaustive) établie par Michel Vinaver dans son ouvrage Écritures dramatiques, essais d'études de textes de théâtre paru en 1993 (pp. 901-903) aux éditions Acte-Sud:

La parole théâtrale se compose d'un nombre limité de figures textuelles répartit en quatre catégories:

1) FIGURES TEXTUELLES FONDAMENTALES S'APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE OU UNE PARTIE DE RÉPLIQUE: attaque, défense, riposte, esquive, mouvement-vers

2) AUTRES FIGURES TEXTUELLES S'APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE OU À UNE PARTIE DE RÉPLIQUE : monologue, récit, plaidoyer, profession de foi, annonce, citation, soliloque, adresse, discours composites

3) FIGURES TEXTUELLES S'APPLIQUANT À UN ENSEMBLE DE RÉPLIQUES: duel, duo, chœur, polyphonie

4) FIGURES TEXTUELLES RELATIONNELLES S’APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE DANS SA RELATION AVEC LE MATÉRIAU TEXTUEL QUI PRÉCÈDE : bouclage, effet-miroir ou écho, répétition-variation, fulgurance.


Ces figures participent à refonder le rapport au texte non pas sur la fable, l'intrigue mais sur sa forme, sa construction.

mercredi 4 mai 2011

Vision théâtrale

Jean-Luc Lagarce

[...] En tant que spectateur, je n'arrive pas à croire au présent du théâtre: non, ça ne se passe pas là, devant moi, en ce moment! Je ne peux pas m'empêcher de considérer ce qui a lieu sur la scène comme ayant déjà eu lieu, comme étant répété, comme ayant déjà été entendu... Et les spectacles qui prétendent ne pas tenir compte de cela ne me paraissent pas justes. Je n'aime pas les acteurs qui jouent en feignant de ne pas savoir comment l'histoire va finir. D'autant plus que, très vite, une pièce se charge de traces.

Ces mots sont de Jean-Luc Lagarce, dramaturge français (décédé à la fin du XXième siècle) dont l'oeuvre est constituée de pièces fortes et théâtralement efficaces. De beaux morceaux de théâtre... notamment Music Hall... où il ne s'agit pas de viser à un discours globalisant mais de frapper le lecteur phrase par phrase, sans souci de cohérence immédiate. Ils sont tirés d'une entrevue publiée en 1995 (quelque six ans après sa mort), dans le 125ième numéro de Mégaphonie.

Toujours est-il que la citation d'ouverture décrirait bien ma propre vision du théâtre comme non pas une imitation de la vie, mais comme une construction de codes et de conventions, un jeu qui doit s'assumer et se montrer. Par la forme, le contenu.

D'ailleurs, pour revenir à Music Hall, il faut dire que cette pièce fait partie du corpus (cinq textes) utilisé dans le cadre de mes recherches au doctorat.

mardi 3 mai 2011

Coup(s) de théâtre!

Soirée enlevante hier soir...

Pas théâtrale mais presque...

Avec des drames, des tragédies et, dans des cas précis comme l'élection dans Berthier-Maskinongé, de l'absurde... Les coups ont porté. La mise en place présumée en début de campagne s'est métamorphosée par un deus ex machina incontrôlé: la volonté populaire.

Dans un contexte d'un gouvernement conservateur majoritaire, qu'adviendra-t-il notamment de l'art et de la culture? Peut-être serait-il temps, maintenant, que le Québec se prenne réellement en main.

lundi 2 mai 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

En-avant: Denis Lavoie et Ursule Garneau
Au centre: Sonia Tremblay, Joan L'Espérance et Emmanuelle Girard
Derrière: Luc-Antoine Cauchon, Gervais Arcand et Jean-Sébastien Montpetit

Quelques mots sur La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir qui a pris fin samedi dernier, dans une apothéose publique alors que scène et salle étaient électrisée par la fébrilité de l'ultime représentation.

Enfin, je me repose. Le stress peut enfin laisser la place au recul et à l'analyse des résultats. Je suis sincèrement content que ça ait bien été avec cette production... du moins de ce que j'en ai vu et ce que j'en ai su. Parce qu'avec toutes les épreuves traversées en cours de travail (du jour de la distribution à la première), le plaisir et l'enthousiasme ont été constamment minés par des éléments extérieurs à la création... et pour la première fois, j'ai douté. Pire, j'ai crains!

Une belle équipe, oui. Des gens fantastiques, oui. De beaux moments, oui.

Et pourtant...

Même si, dans l'ensemble, le travail s'est fait dans les rires, avec engagement (quoique douloureux dans le contexte de cette année), cette production aura été, pour moi, celle des regrets et des déceptions, des contrariétés et des impuissances. Non pour ce qui a été fait (que j'assume encore parce que j'y crois) mais pour ce qui n'aura pu être. Pour le temps manqué (et ce n'est pas là une vaine plainte convenue!). Pour tout ce qui, après coup, aurait pu nourrir la création.

Au final, toutefois, le succès (parce que c'en fut un!) a pu atténuer ces impressions! Un succès unanime? Probablement pas. Mais après tout, ce n'est pas là la réussite. Celle-ci résulte dans ce qui, jour après jour en répétition nous manquait et qui, soir après soir en représentation, faisait que la pièce pouvait prendre son envol: l'esprit d'équipe et le plaisir. Les comédiens et les concepteurs ont fait là un travail honnête, exigeant, rigoureux... et, jusqu'à la première, fichtrement angoissant!!!

Mais voilà. Le rideau est maintenant tombé.

dimanche 1 mai 2011

Au théâtre, cette semaine! (Du 1er au 7 mai 2011)


Début du mois de mai... Qu'est-ce qu'il y a à l'agenda? Que se passera-t-il dans le petit milieu théâtral régional?

De mardi à samedi - du 3 au 7 mai 2011
Salle Pierrette-Gaudreault, heures différentes

Le Théâtre La Rubrique reçoit (en représentations scolaires d'abord, puis, samedi, à 10h et à 13h00) une production du Théâtre Magasin (Montréal) au titre charmant: Le temps des muffins, une production qui s'adresse aux touts petits. Tout en cuisinant ses muffins, un cuisinier fait surgir des histoires, des images et des jeux. C’est sa spécialité. Il cuisine les mots et joue avec la nourriture comme ce n'est pas permis. Plus qu'un cuisinier, c'est un magicien qui pond ses œufs lui-même, fait chanter les bols à mélanger et danser les sacs de farine. Il fabrique même de la soupe-pour-devenir-grand! Dans l'intimité de sa cuisine, il accueille les spectacteurs comme autant d’apprentis-cuisiniers. Il leur ouvre ses armoires grouillantes de souvenirs et de curiosités, déployant un univers d’outrances bon enfant et de magie à deux sous. Mais parviendra-t-il à trouver le feu pour allumer son four ? À noter que cette présentation est la dernière activité de diffuseur de La Rubrique avant l'automne.

Mercredi - 4 mai
CRC (Chicoutimi), 9h

Tenue de la table de compétence en théâtre du CRC, outil de concertation dont l'importance, l'utilité et l'efficacité ne dépend que du milieu. Tous les artistes et artisans du théâtre y sont conviés. Les sujets abordés: retours sur les dernières actions (Journée mondiale du théâtre et vidéo promotionnelle); suivis sur des dossiers en cours et dont la discussion et le soutien de tous sont souhaités (carte privilège, contrat de publicité et Forum sur le théâtre au SLSJ). Pour y assister, il suffit de confirmer sa présence auprès de l'agente de liaison, Véronique Villeneuve soit par téléphone au 418-543-5941 poste 233 ou par courriel à liaison@crc02.qc.ca

À mon humble connaissance, c'est tout ce qu'il y a au radar. Si j'en oublie, il est possible d'ajouter les rendez-vous dans les commentaires!

samedi 30 avril 2011

Sur la théâtralité...


Comme annoncé la semaine dernière, j'en suis déjà à citer l'ouvrage Vers une nouvelle théorie de la pratique théâtrale de Patrice Pavis (dans son édition de 2007).

Un extrait de l'un des chapitres (le XVIième, p. 267) me semble remettre en cause la définition même de la théâtralité en la simplifiant efficacement et en abandonnant les concepts flous pour une approche concrète et identifiable:

Ma méfiance vis-à-vis du concept de théâtralité est grande, et peut-être insurmontable. La théâtralité tend, en effet, dans le discours critique, à désigner une essence indéfinie de la «spécificité» du théâtre, théâtre dont on sait par ailleurs qu'il est, par nature, un genre hybride. La théâtralité est une notion particulièrement floue et passe-partout. [...]

Dès que l'on observe et analyse la représentation, cet objet empirique et concret, d'un point de vue systématique et théorique, on décrit en fait la mise en scène, système sémiotique du sens produit à la scène. À quoi bon alors s'embarrasser de la notion de théâtralité [...]? Ne faudrait-il pas, du reste, faire une distinction radicale entre ceux qui [...] voient la théâtralité dans la vie quotidienne, et ceux qui [...] la considèrent comme une catégorie esthétique? C'est ainsi, à la manière de Meyerhold [nda.: Là, ce n'est pas moi qui le dit!], que je la conçois, d'où mes extrêmes réserves sur sa pertinence, car pour moi la théâtralité est synonyme de mise en scène. Elles est «une utilisation pragmatique de l'outil scénique, de manière à ce que les composantes de la représentation se mettent réciproquement en valeur et fasse éclater la linéarité du texte et de la parole». S'il en est ainsi, à quoi bon utiliser deux mots, mise en scène et théâtralité, pour désigner une seule et même réalité? Pourquoi ne pas garder le terme de mise en scène, inventé avant celui de théâtralité? Car, la théâtralité, est loin du caractère opérationnel, technique, concret de la mise en scène et son usage serait plus régressif et idéaliste: elle renvoie sans trêve à la vieille question de la spécificité théâtrale ou du théâtre pur et se condamne à n'être qu'une notion aussi abstraite et métaphysique qu'inopérante, et donc, impraticable.

Voilà. C'est ainsi que cette théâtralité peut tout à coup se définir et être identifiable. Maintenant, la performativité...

vendredi 29 avril 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Petit à petit, la production du théâtre d'été prend forme. Les sept premières scènes ont fait l'objet d'un débroussaillage et d'une mise en place sommaire... et dès lors, un premier constat peut se poser: c'est vraiment très drôle!

Le sujet d'une comédie, selon Véronique Sternberg (dans La poétique de la comédie) doit être une histoire génératrice de situations comiques et cette pièce de Labiche tient la définition: elle est construite sur une série de quiproquos qui mènent jusqu'à l'absurde. Et, partie prenante de ce qui s'appelle le théâtre du boulevard, elle en porte aussi une caractéristique essentielle, à savoir que par le langage, tout est verbalisé (psychologie, action, préoccupations) donnant lieu à une série de mots d'esprit.

Le travail exige cependant des comédiens une précision accrue et une justesse dans l'exécution des commandes. Une rigueur rendue nécessaire par le jeu physique qui doit découler des nombreux jeux de scènes et par l'exiguïté de l'aire de jeu. Le hic, c'est que le travail de mise en scène ne peut s'effectuer que de soir... après une journée de travail. Une contrainte qui joue malheureusement sur l'attention et la capacité d'assimiler des interprètes.

Esthétiquement, cette production prend corps. Maintenant que la scénographie est conçue et en voie de réalisation, nous nous attaquons aux costumes.

jeudi 28 avril 2011

D'un autre temps...


La fonction du théâtre
est d'abord d'être un archaïsme.

Petite maxime qui peut porter à une grande réflexion. Que signifie-t-elle? Que dit-elle? Quelle(s) implication(s) porte-t-elle? Elle est de Daniel Jeanneteau, scénographe (français, de surcroît) de son état. Elle est tirée du document vidéo Le Passeur sur l'oeuvre et le travail de Claude Régy.

Pour compléter ce petit aphorisme, voici une définition du mot archaïsme selon Le Robert: 1- caractère d'ancienneté. 2- Mot, expression, tour ancien qu'on emploie alors qu'il n'est plus en usage. 3- Caractère de ce qui est périmé.

mercredi 27 avril 2011

Monologue de la vieille fille


Voici un petit monologue que j'ai écrit d'abord dans Pour tous les mots du monde en 1997... puis repiqué dans Les pleureuses en 2001... et depuis, réutilisé dans quelques exercices avec des groupes de théâtre. C'était l'époque où j'aimais bien écrire en vers... pour la musicalité et le rythme.

J’ai passé ma vie en solo.
Pis j’vas crever seule. Comme un rat!
Comme la vermine…
C’est pas mêlant!
On dirait que plus que j’suis sage, qu’j’me raffine,
Moins j’attire de prétendants!
Oh, y a ben deux ou trois alcooliques
Qui m’prendraient ben entre deux verres de houblon…
Mais bon sang qui sont pas dynamiques
Pis bon dieu qui sentent la boisson!
Y avait pourtant le p’tit du caissier
Qui semblait donc vouloir m'faire la cour…
Pis si son intelligence avait été un plus élevée
J'filerais peut-être aujourd’hui le parfait amour!
J’suis sûre qu’on m’a jeté un sort
Pour que j’attrape juste des agrais!
Quand c’était pas l’vieux fou ou l’croque-mort,
C’était l’étranger qui parlait juste anglais!
C'est vrai qui'a eu aussi monsieur l’maire
Qui s’est tenté une couple de fois?
Jusqu’au jour où un bon soir
J’y ai dit qu’pour lui j’voterais pas!
Mais ça, c’est rien à comparer au pompiste
Qui s’parfumait d’sa maudite essence!
Au divorcé qui avait quatre fils,
Trois chats, deux chiens pis toute qu’une panse!
Au gars des poubelles
Qui m’souriait tou’es matins
Juste pour faire prendre l’air à son partiel
Qu’y était aussi jaune qu’un poussin!
Pis c’est sans compter su’ l’soudeur
Qu’y était aussi raide qu’son métal;
Pis qu’l’affreux cultivateur
Qui voulait faire de moé un cheval!
Non! J’suis toute seule!
Autour de moé, y a pas une mouche!
Pis c’est pas que j’le veuille
Si y a ni homme, ni bête, ni plante qui m’touche!!!

Vers le premier «Forum du théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean»

Un premier petit sondage est parti ce matin, par le biais de courriel, vers tous les membres du milieu théâtral de la région (ou presque...), pour connaître l'intérêt des gens à participer à cette grande journée de réflexion.

Il va sans dire que nous (le comité organisateur), comptons beaucoup sur les réponses, qu'elles soient positives ou négatives.