jeudi 16 février 2012

Deux nouveaux «Impromptus scéniques»!

Affiche de Vicky Côté (Théâtre À Bout Portant)

Le Théâtre 100 Masques et le Théâtre À Bout Portant s'associent le temps de présenter, comme activité bénéfice commune, deux nouveaux Impromptus scéniques (après que le Théâtre 100 Masques en ait donné une série de quatre en mars 2010).

Chacune des journée, une équipe de comédiens et de metteur en scène aura à créer, en douze heure, un véritable spectacle théâtral (une œuvre scénique complète avec discours cohérent, décor, costumes, éclairages) d'une durée minimal d'une heure. Lors de la représentation, un grand maître de jeu (moi en l'occurence!) jugera de la qualité du produit et imposera, au besoin, des contraintes aux acteurs.

Ces expériences sont toujours fort stimulantes et impressionnantes. Il s'agit là d'un laboratoire efficace pour l'exploration de la création sous pression et voir comment chacun agit avec celle-ci. C'est aussi un moyen dynamique pour mettre à profit la confiance, l'écoute, l'imagination créatrice.

Le premier vendredi, le 24 mars, l'équipe sera composée de Vicky Côté, Isabelle Boivin, Marc-André Perrier et d'un autre comédien (la place est encore disponible) sous la direction d'Élaine Juteau.

La semaine suivante, le 2 mars, ce sera au tour d'Andrée-Anne Giguère, Sophie Larouche, Patrick Simard et Marilyne Renaud de monter sur les planches sous le regard aiguisé d'Anick Martel

mercredi 15 février 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

 
Ce matin, j'ai rencontré la metteure en scène, Élaine Juteau, pour une première séance de travail de conception... Assis dans la salle Murdock où se tiendra la production, elle nous (à moi et à Carol Émond... tous deux en charge de l'esthétique... en plus d'Alexandre Nadeau qui se joindra à nous pour la lumière) a parlé de ce qu'elle souhaitait, de ses envies d'espace, de sa vision de la pièce.

Ainsi donc, c'est reparti dans la conception... avec un espace - ma foi! - éclectique et très différent des espaces des dernières années. Un espace multiple. Un espace-paysage. Un véritable in situ qui donnera une nouvelle fois une toute autre allure à la petite salle. Maintenant, à nous d'élaborer et de proposer des alternatives aux défis posés. Une collaboration s'enclenche.

Il est rare que je prenne officiellement le titre de concepteur... bien que généralement, j'agis comme tel sur la plupart de mes productions. La différence? Habituellement, je travaille pour moi et non pour un autre. L'expérience sera intéressante!

mardi 14 février 2012

On recherche des comédiens!

Est tombé, ce matin, dans mon courrier, cet appel de Jimmy Doucet qui recherche des comédiens pour ses nombreux projets pour l'été à venir... Voici ce qu'il écrit:

 

Mon nom est Jimmy Doucet. Je suis directeur artistique de la Route des mille et une histoires au Lac-Saint-Jean depuis cinq ans. Pour l'été 2012, nous produirons six spectacles dans le cadre de la Route et je présenterai aussi une pièce de théâtre pour le théâtre d'été de la Pulperie.

Ayant surtout fait du théâtre pendant quinze ans, caché dans des petites salles de Dolbeau-Mistassini avec ma petite équipe, je ne connais pas beaucoup les comédiens et comédiennes de la région. 

Je suis à la recherche de comédiens et comédiennes pour différents projets et j'aimerais beaucoup rencontrer des gens de partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean entre le 2 et le 10 mars. Les rencontres auront lieu à la Pulperie pour les personnes du Saguenay et à la salle de spectacle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini pour les personnes du Lac-Saint-Jean.

Si vous êtes libre pour l'été 2012 et que travailler dans la région avec l'équipe de la Route ou avec l'équipe du théâtre d'été de la Pulperie vous intéresse, contactez-moi pour fixer l'heure et la date de notre rencontre à l'adresse suivante: jimmy.doucet@hotmail.com

Avis aux intéressés!

Simple... mais faut y penser...



L'éclairage de peinture (et, par extension, du théâtre) a, selon François-Éric Valentin, trois buts, trois fonctions fondamentales qui doivent se conjuguer les unes avec les autres pour donner une lumière de qualité:
  1. créer l'espace;
  2. créer l'ambiance;
  3. créer le relief.
C'est tout. C'est simple... mais ça demande tout un art. Il s'agit là d'une composition fragile qui, lorsque bien exécutée (et non soumise au théâtralisme de la couleur et du gobo), devient magique.

lundi 13 février 2012

Acteurocentrisme ou textocentrisme?


 [Les auteurs et les poètes] ne sont des artistes souverains que tant qu'on les lit; sur scène, leurs pièces ne sont que des formes dans lesquelles les acteurs instillent leur contenu. [...] Donnez sa place à l'interprète, placez-le sur le piédestal de la scène pour qu'il règne sur elle en tant qu'artiste. Par sa création, il donnera un contenu à la représentation dramatique. 

Tels étaient les mots de Valery Brioussov, un éminent poète symboliste russe en 1902 dans un article sur le théâtre d'art. Une vision théâtrale assez radicale qui refuse «la voix de l'auteur» pour donner préséance au théâtre... et plus encore, à l'acteur. 

Le début du XXième siècle est alors en ébullition. Partout en Europe, la scène dramatique se construit. Se réforme. Se transforme. 

Mais pendant que Brioussov affirme la primauté de l'acteur, un peu plus loin, en France (et dans le temps, puisqu'il s'agit là d'un manifeste publié en 1909 dans le programme du Théâtre d'Action d'Art), Louis Jouvet, éminent acteur et metteur en scène, écrit pratiquement le contraire:

Il n'y aura pas de vedettes au programme, pas davantage sur les affiches; l'œuvre est souveraine, la scène appartient au seul poète. Les interprètes mettent tout leur effort et toute leur gloire à se conformer à sa pensée, à s'y confondre, à s'y effacer: qu'on la sente vivre et diminuer en pleine pureté!

Où se situer alors? Personnellement, je suis plutôt partisan de la première assertion (en y ajoutant, bien entendu le metteur en scène aux côtés de l'interprète)... et ai toujours été embêté par la vision jouvetienne castrante.

dimanche 12 février 2012

Au théâtre, cette semaine (12 au 18 février 2012)

Portrait de Vsevolod Meyerhold par Pyotr Konchalovsky, 1938

Il n'y a pas que le chien de Meyerhold qui se demande ce qui se passera cette semaine du côté théâtral... et voici, ce que j'en sais (et si jamais j'oublie des trucs - notamment des projets de fin de bac.-, il sera possible de les faire ajouter par le biais des commentaires...):

Mardi - 14 février 2012
Studio-Théâtre (UQAC), 13h

Rencontre entre les étudiants du cours Dramaturgie et mise en scène (mon cours...) et la metteure en scène Josée Laporte pour une discussion sur sa création, Une heure avant, au Théâtre La Rubrique. Si des gens veulent s'ajouter, pourquoi pas...

Mercredi à samedi - 15 au 18 février 2012
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h
SECONDE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre La Rubrique donne sa toute nouvelle production, Une heure avant. Ce texte de Micheline Parent, mis en scène par Josée Laporte, fait une incursion dans l'univers des proches aidants. Dans le croisement de cinq voix circule un récit. Par fragments, par des biais insoupçonnés, par agglomérats, une histoire se construit, apparaît, se détaille: celle d’une femme au mitan de sa vie qui accueille chez elle sa mère malade de vieillesse. Au-delà de l’intimité imprévue des corps, des sentiments exacerbés, des rires inévitables et de l’observation effarée du travail de la mort, se trame pourtant une autre histoire, bien imprévue celle-là, mais tout aussi fatale.

Jeudi à samedi - 16 au 18 février 2012
Petit Théâtre (UQAC), 20h

Marilyn Bédard termine son baccalauréat interdisciplinaire en art (option théâtre) par la présentation de son projet de fin d'études: Collection 2012. C'est quoi? Un défilé de mode? oui, mais c'est aussi l'événement de l'année : un projet interdisciplinaire et rock n'roll, avec un «band live» et des beaux gars en jeans serrés. Venez découvrir les vêtements de Geneviève Bouchard et de White Label. Mais les vraies vedettes ce sont les femmes. Ça parle de séduction, de féminité, de notre rapport à notre corps-prison et du désir de s'en libérer.

samedi 11 février 2012

De la mise en scène comme d'une technique


 Un metteur en scène doit connaître tous les domaines qui constituent l'art du théâtre. J'ai pu voir Edward Gordon Craig en répétition, et cela m'a toujours subjugué qu'il ne crie pas: «Envoyez la lumière bleue!», mais qu'il indique avec précision: «Branchez la 3 et la 8!» Il était capable d'avoir des discussions professionnelles avec un menuisier, bien qu'il n'ait peut-être lui-même jamais fabriqué de chaise. Il faut être resté des heures dans la cabine des éclairagistes pour pouvoir leur donner des ordres. Quand les couturières apportent les costumes, le metteur en scène ne doit pas bafouiller «Ici, plus étroit, là, plus large», mais dire brièvement: «Il faut découdre ici et mettre là une armature.» C'est à cette condition que des collaborateurs paresseux ne viendront pas rétorquer qu'il est impossible de refaire quoi que ce soit, comme cela arrive habituellement, et vous ne vous mettrez pas à croire tout ce qu'ils disent. 

Ce dictat est de Vsevolod Meyerhold (tiré du florilège de ses écrits établi par Béatrice Picon-Vallin aux éditions Actes Sud-Papiers). Et bien que dans ce cas-ci, ce soit assez radical, je dois admettre que je suis plutôt en accord.

Je suis d'accord sur le fait que le metteur en scène doit posséder une connaissance intime (peut-être pas parfaite, mais intime) de tout ce qui compose l'art théâtral. Pas pour être omniprésent ou pire, encombrant... mais pour pouvoir discuter d'égal à égal avec les concepteurs, de comprendre les plans, de visualiser à partir de considérations techniques. Je ne suis pas de l'école qui passe par la métaphore. Ou qui passe par l'abandon de grands pans (souvent esthétiques) à des collaborateurs jusqu'au moment où le résultat se fait voir.

Pour moi, le metteur en scène est, à la base, un technicien...tout comme le sont les acteurs et les concepteurs. Je parle de technicien  au sens de maîtrise d'un art, d'un outil. Que ce soit une maîtrise de la mécanique, de la technologie, du corps, de la voix, de la scène dans son ensemble. Le travail de tout cet ensemble implique un savoir-faire. Une capacité de rendre concrète des idées, des atmosphères. 

Ce sont là des techniciens sensibles. Sensibles au propos du texte. Sensibles aux demandes et aux besoins des uns et des autres. Et c'est cette sensibilité (partagée, confrontée, négociée, échangée) qui rend vivant ce qui pourrait n'être, au fond, que du plaquage.


jeudi 9 février 2012

Et d'une autre!


À toute l'équipe de la Société d'art lyrique du Royaume qui se lance, ce soir, dans les représentations de l'opérette Les Brigands sous la direction d'Éric Chalifour, aux concepteurs et aux chanteurs, aux musiciens et à tous les autres,

MERDE!!!

Mot(s) d'auteur(s) et mot(s) d'esprit


Petite définition avec exemples cocasses (et résolument théâtraux) de ce qu'est un mot d'auteur... définition tirée du Dictionnaire de la langue du Théâtre d'Agnès Pierron.

Mot d'auteur: C'est un mot d'esprit - souvent «facile» -, inséré dans un dialogue de théâtre, destiné à provoquer le rire chez le spectateur par l'effet de surprise dû à sa concision. S'il fait mouche , il déclenche les applaudissements du public. Sacha Guitry (1885-1957) était passé maître en «mots d'auteur».

Certains sont consignés par des comédiens dans leurs souvenirs. Citons-en un exemple: au cours d'une répétition, un auteur, agacé par le jeu de Réjane, dit à voix basse à Lucien Guitry:
-Cette Réjane, quel veau!
-Vous la rajeunissez, mon cher, répondit Guitry.

Il convient de ne pas confondre le mot d'auteur et le bon mot, même si la plupart des mots d'auteur sont de bons mots... Une comédienne, au XIXième siècle, s'est rendue célèbre pour ses bons mots; le foyer de la Comédie-française, lieu d'attente et de rencontres, est propice aux conversations toujours brillantes, souvent superficielles, parfois méchantes. Augustine Brohan s'était fait une notoriété de ses réparties. Ne disait-elle pas à son fils: «Si tu n'es pas sage, je vais te faire faire le tour de madame Allan!» ? Mme Allan, plutôt corpulente, avait été surnommée, avec deux autres comédiennes, l'une des «trois grasses».

Puis il y a le mot à effet et le mot de théâtre...  Et quand on écrit - notamment dans l'optique de faire rire... - il est si difficile de les contourner... et si facile de les forcer!

mercredi 8 février 2012

Un autre bout de l'histoire du théâtre au Québec



Je le réitère, la pratique du théâtre au Québec ne va pas de soi. Son implantation et son maintien fut difficile pendant près de trois siècles... quand il ne fut pas tout simplement mis de côté.

Le théâtre ne fait pas partie de l'imaginaire collectif québécois... ou si peu... comme art de divertissement. 

Dès le départ, en Nouvelle-France, les dés étaient jetés:

Aucun lieu public, écrivent Madeleine Greffard et Jean-Guy Sabourin dans la petite plaquette Le Théâtre québécois, n'a donc inscrit l'activité théâtrale dans l'espace de la cité. Les raisons qui expliquent cette situation ne manquent pas: la taille réduite de la colonie, les difficultés militaires et économiques, l'opposition de l'Église et ce fait banal, mais déterminant, qu'aucun comédien n'a émigré en Nouvelle-France; par contre, une troupe de 12 comédiens et comédiennes de Londres, sous la direction de William Hallam, est venue s'établir dans la colonie anglaise au sud. Tout le théâtre américain en est issu. Lors de la cession du Canada à l'Angleterre, même le théâtre collégial [ndr.: le seul toléré] est une pratique perdue. Le seul héritage théâtral de l'Ancien Régime sera l'hostilité de l'Église qui se maintiendra pendant près de 150 ans.

Ce dernier point sera la raison pour laquelle la rareté de l'activité théâtrale en français est incontestable. On recense, entre 1765 et 1858, 225 soirées de théâtre amateur francophone, contre 1450 soirées de théâtre anglophone, surtout professionnel.

La côte sera longue et ardue à remonter... mais elle le sera. Et le véritable essor du théâtre, dans les années 20, 30 et 40, se fera en compétition avec l'essor de la radio et du cinéma (et un peu plus tard, avec l'énorme machine qu'est la télévision). 
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Pour en connaître plus sur cette évolution, il y a ce site - assez bien fait - par L'Encyclopédie du Patrimoine Culturel de l'Amérique française.

Et d'une autre...


Nous sommes à un peu plus de douze heures avant la première de la toute nouvelle production de la Rubrique... C'est donc, j'imagine, jour de stress et de nervosité. Alors, à toute l'équipe de ce nouveau spectacle

Benoit Lagrandeur, Josée Laporte, Lyne L'Italien, 
Guylaine Rivard, Maud Côté, Monique Gauvin, Martin Gagnon, 
Serge Lapierre, Hélène Soucy, Jessyka Maltais-Jean, Andrée-Anne Giguère, 
Stéphane Boivin, Janine Fortin et tous les autres,

MERDE!

lundi 6 février 2012

Le trio infernal

 
Autre petit passage de François-Éric Valentin tiré de son Lumière pour le spectacle, en page 186 et 187 qui décrit assez bien les relations entre les différents concepteurs (et qui, du coup, complète assez bien mon billet du 2 février)...

L'éclairagiste ne travaille pas seulement sur l'«extérieur»; il doit aussi être conscient des rapports dans le triangle - metteur en scène, décorateur, éclairagiste -, et savoir ce qu'il peut demander, et obtenir, comme modifications dans ce que les deux autres ont réglé [...].

Cela dépend des rapports de confiance existant dans le trio. Si l'éclairagiste dit que tel élément de costume empêche la réalisation de tel effet, lui faudra-t-il passer de longues heures à le prouver ou sera-t-il cru sur parole, à cause de son savoir-faire et de son expérience reconnue?

Quelle que soit l'attitude du metteur en scène, la première compétence nécessaire à l'éclairagiste est de sentir les problèmes, de les cerner et de les exposer clairement aux yeux des deux autres, même s'il ne leur trouve pas une réponse immédiate. Cela permet de ne pas partir sur une fausse piste. [...]

Il est aussi possible de relire en interchangeant les titres...

Et c'est dans ces relations que je suis présentement... pour tenter de rendre compte qui fait quoi et comment le fait-il (ou doit-il le faire). Établir, finalement, un modus operandi efficace et dynamique qui laisse la place à chacun des concepteurs tout en ayant, en tête, une ligne directrice stimulante...