vendredi 24 février 2012

«Impromptu scénique V» [Carnet de notes]


À compte de 8h30 ce matin, le décompte sera mis en route: un peu moins de douze heures plus tard, soit à 20h, un nouveau spectacle d'une heure quinze sera créé. Un nouvel Impromptu Scénique, présenté conjointement par le Théâtre 100 Masques (initiateur de l'activité en mars 2010) et le Théâtre À Bout Portant.

L'équipe de comédiens (Isabelle Boivin, Marc-André Perrier, Vicky Côté et Keven Girard) apprendra le concept de la maître de jeu, Élaine Juteau et trois contraintes leur sera donné. Pour choisir celles-ci, il y aura un appel Facebook vers 9h.

Puis l'imagination. La création. Le stress. L'angoisse. Le doute. La fébrilité. L'ivresse. La terreur. La confusion... et dans tout ça, le plaisir.

Tout au cours de la journée, des billets seront publiés pour donner un compte-rendu de l'événement et pour faire état du travail dans la salle Murdock. Des photos seront prises de même que des images vidéo. Ce soir, à l'accueil, il y aura présentation de celles-ci accompagnées de traces du travail de conception (esquisses, schémas, bout de textes, etc.) glanées ici et là.

Quel sera le thème? Quelle sera la forme?

Détails à venir! Et représentation à ne pas manquer! Ce soir, 20h! 10$ par personne.


jeudi 23 février 2012

Une visite dans un théâtre en 1875


Petite déambulation dans un théâtre, par un bon matin de 1875... tiré de l'ouvrage qui illustre ce billet.

[...] Nous voici arrivés au théâtre. Il est entendu que nous faisons notre visite de très-bon matin, afin de n'être pas dérangés et de pouvoir examiner tout à loisir.

Éveillons le concierge, fort surpris de voir des visiteurs à sept heures du matin, et engageons-nous dans l'escalier des artistes.

Après avoir traversé un corridor et franchi un escalier peu éclairés, nous entrons dans un grand espace, dont nous ne distinguons pas bien les extrémités à cause de l'obscurité. Une petite lanterne, placée sur une table, jette assez de lumière pour faire jaillir un point brillant sur le casque d'un pompier assis à côté. Dans le fond, on voit plusieurs lignes de points lumineux; ce sont les ouvertures circulaires, percées à chaque étage dans les portes de loges, par lesquelles le jour entre parcimonieusement.

Les yeux s'habituent peu à peu à cette demi-obscurité [...].

Nous voici sur la scène, la salle est devant nous; nous en sommes séparés par un filet de fer monté sur un bâti également en fer, tenant la place du rideau d'avant-scène; c'est une précaution contre l'incendie; à travers les mailles, nous voyons la salle avec ses devants de loges et ses fauteuils, qu'on a couverts de toiles grises pour les garantir de la poussière, toujours trop abondante dans un théâtre.

Approchons du pompier de service. A terre, près d'une rangée de seaux, sont une douzaine de haches, autant de croissants, espèces de faucilles au bout d'une longue perche, des éponges également fixées à l'extrémité de perches, une douzaine de tuyaux de pompe en cuir, et quelques lanternes. Tous ces objets sont tenus constamment en état, en prévision des dangers d'incendie.

Bientôt l'officier viendra passer l'inspection de ses hommes dans toutes les parties du théâtre; puis, après avoir visité les instruments, il fera partir ceux que le service de nuit ne retient plus. Il ne restera dans le poste que le service de jour. Le nombre des sapeurs-pompiers varie selon l'importance du théâtre, il est partout très-actif, principalement dans la nuit, où les rondes se font d'heure en heure. Les commencements d'incendie sont fréquents et nécessitent une surveillance incessante et active.

La scène et la salle, telles que nous les voyons à cette heure, ressemblent assez à une grande cave percée de soupiraux. En attendant que tout s'éclaire et s'anime, faisons connaissance avec l'endroit ou nous sommes.

Le plancher sur lequel nous avons trébuché plusieurs fois est mobile; il peut disparaître en quelques minutes et être remis en place aussi vite. On peut en remplacer des parties par des fragments de planchers placés actuellement en réserve dans le dessous; au moment nécessaire, ils viendront instantanément prendre la place de celui sur lequel nous sommes à présent. Ces nouveaux planchers peuvent disparaître à leur tour en emportant dix, vingt, cent individus engloutis et recouverts immédiatement par d'autres feuilles de parquet. Le plancher a donc une très-grande importance; les décors en sortent à de certains moments et y rentrent aussi rapidement. [...].

Nos yeux sont maintenant tout à fait habitués au jour douteux qui nous éclaire , si vous levez les yeux, vous pouvez apercevoir, aidé par les quelques ouvertures qui sont dans le comble, ces toiles ressemblant à la grande voile d'un vaisseau avec ses cordages; ce sont les toiles de fond, les bandes d'air, les plafonds, et les fils qui les font mouvoir, objets assez embarrassants, relégués dans le cintre, magasin commode, sans lequel il n'y aurait sur la scène qu'encombrement et confusion.

Mais j'entends du bruit: ce sont les hommes d'équipe et les lampistes; attention!... Il est huit heures du matin, le théâtre s'éveille, les sapeurs se réunissent avant de partir.

Entendez-vous un grincement? c'est l'engrenage du rideau de fer; deux machinistes sont là haut pour «l'appuyer. » Dans le langage du théâtre, on « appuie » un rideau ou une ferme quand on les remonte, et on les «charge » quand on les descend.

Apercevez-vous, dans les profondeurs de la salle, deux ou trois ombres munies de lanterne? C'est une escouade de balayeurs chargés de faire la toilette de la salle et de retrouver les objets oubliés ou perdus par les spectateurs de la veille.

Voici tous nos machinistes arrivés. Prenez garde! on envoie un fil du cintre pour y suspendre « une lampe à quatre. » Nous sommes éclairés comme pour une répétition.

Et ça continue dans le menu détail...

mercredi 22 février 2012

Le Saguenay débarque en France!


Voici l'affiche de l'événement Saguenay en 8 compagnies (réalisée par Patrick Simard) piloté par les Têtes Heureuses qui mènera, comme son nom l'indique, huit compagnies professionnelles du Saguenay (les Amis de Chiffon, La Rubrique, Les Têtes Heureuses, le CRI, le Théâtre 100 Masques, le Faux Coffre, le Théâtre À Bout Portant, la Tortue Noire) en France du 19 mars au 1er avril prochain. À Lyon pour être plus précis.

Pour voir le détail de cette sortie outre-atlantique, il est possible de visiter le site du Théâtre des Asphodèles, nos hôtes, et celui du Théâtre des Marronniers (et trouver le nom de l'événement dans la colonne de gauche).

mardi 21 février 2012

Du néo-maniérisme meyerholdien à l'approche néo-meyerholdienne

Petite synthèse de l'état actuel de ma recherche doctorale.

L'approche néo-meryerholdienne (le nouveau terme que j'utilise maintenant en lieu et place de néo-maniérisme meyerholdien qui peut induire des impressions négatives) de la mise en scène se fait  par une série de rapports de matérialité - en ce sens meyerholdien où ce sont là véritablement des matières (le texte par sa sonorité, son rythme; le corps par sa voix, ses gestes et ses déplacements; la scène par sa technique de dynamisation et de prolongement du corps et de l'action) - entre les trois grands pôles que sont la littérarité (le texte), la théâtralité (le domaine esthétique) et la performativité (le jeu). Cette nouvelle nomenclature, cette nouvelle «voie de recherche» remplace en quelque sorte les trois volets établis dans mon projet de recherche: le rapport au texte, le rapport au corps, le rapport à la scène.

Rapports de matérialité, donc, parce que chacun de ceux-ci devient essentiel à l'autre, en devient en quelque sorte et l'émetteur, et le récepteur, et le catalyseur : la littérarité n'existe que si elle est prise en charge par la performativité et portée par la théâtralité; la performativité s'élabore en se frottant (en complémentarité, en confrontation, en contradiction, en osmose) à la littérarité et à la théâtralité; la théâtralité défini d'une part l'implication des deux autres et est définit par eux. C'est de cette triple fonction (émetteur, récepteur, catalyseur) liant essentiellement les trois pôles que doit se réclamer, à mon avis, l'approche néo-meyerholdienne. C'est une complète déhiérarchisation des éléments scéniques et une vision globale de l'ensemble scénique.

Maintenant, ce sont ces rapports matériels et nécessaires que je tentent d'établir (en fait, j'ai déjà colligé sur un grand tableau des éléments meyerholdiens et des questionnements posés par l'écriture actuelle et la mise en scène contemporaine qui peuvent illustrer ces rapports matériels et qui devient un peu fastidieux d'écrire ici) et qu'il me faudra, dans un avenir prochain, valider par la recherche-création.

Les laboratoires n'ont pas repris encore. Comme je le mentionnais dans un billet précédent (voir ici), il s'avère très difficile de conjuguer écriture actuelle et recherche meyerholdienne en faisant une séparation radicale entre le rapport au texte, le rapport au corps et le rapport à la scène tels que prévus. Une chose saute aux yeux: les trois volets ne peuvent être pris, au fond, qu'en un seul bloc intrinsèque.

Bien entendu, utiliser les trois notions que sont la littérarité, la théâtralité et la performativité m'oblige à en donner mes propres définitions... d'abord dans un contexte artistico-historique selon les écrits de Meyerhold puis à partir (ou contre parfois!) des études contemporaines (Pavis, Ubersfeld, Féral, Sarrazac, etc.)

Du même souffle, je planche plus sérieusement sur des approches contemporaines «néo-meyerholdiennes»... plus précisément du côté de Thomas Ostermeier qui se dit en filiation avec Meyerhold. Pour voir comment il définit l'implication des théories meyerholdiennes dans son travail. Et comment je me positionne face à lui (pour y arriver d'ailleurs, il me faut faire une analyse - je ne l'ai pas commencée - de mon propre travail des dernières années).

Voilà où j'en suis.

lundi 20 février 2012

Les aléas de la modernité...

 
Les temps changent... et avec eux, l'équipement dans un théâtre. Et ces changements ont provoqué, au cours de l'histoire, bon nombre d'anecdotes savoureuses... comme celle-ci, de Micheline Boudet (Viens voir les comédiens) tirée du Dictionnaire de la Langue du Théâtre d'Agnès Pierron pour illustrer l'entrée «Effet».

Quand il jouait Oedipe, le grand tragédien [Mounet-Sully, 1841-1916] avait une extraordinaire innovation à l'acte où il se crevait les yeux. Depuis sa loge au deuxième étage il commençait à hurler et descendait toujours gémissant, criant, jusqu'à son entrée en scène. Effet saisissant. [...]

Bien sûr la rumeur du Théâtre[-Français] avait transmis cette tradition. Quand Yonnel dut jouer ce grandiose personnage, il eut le désir de reproduire le jeu de Mounet, sa voix ample, profonde pouvait le lui permettre.

Le soir de la première, il lança donc ses premiers cris d'horreur sur le palier de l'étage Talma. Un frisson parcourut la salle... et brusquement, le frisson s'arrêta. La voix s'était tue. Un grand temps suivit. Le silence devint lourd. Que se passait-il?

Yonnel continuant à pousser des cris terribles avait pris... l'ascenseur!!!

La suite des occurrences dans ce dictionnaire font état de couper les effets, griller un effet, jouer les effets, manquer son effet, marcher sur les effets, prendre les effets...



dimanche 19 février 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 19 au 25 février 2012)

Vignette créée à partir d'une des photos les plus connues de Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay, 
produite en 1968 au Rideau-Vert (photographie: Guy Dubois)

Semaine un peu plus conséquente dans le milieu théâtral régional alors que plusieurs productions prennent l'affiche un peu partout. En voici une liste que j'espère exhaustive... et si jamais j'oublie un truc, on peut me le faire savoir par les commentaires.

Mardi - 21 février 2012
Salle François-Brassard (Jonq.), ?

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentation scolaire (donc, fermée au grand public), le très drôle solo de Martin Giguère, Les lectures de Diogène.

Mardi à jeudi - 21 au 23 février 2012
Studio-Théâtre (UQAC), 19h

Valérie Essiambre présente son projet de fin de bacc., La forêt où nous pleurons, un texte de Frédéric Vossier dans lequel elle prend l'unique rôle sous la direction de Sophie Larouche. Un conte moderne, poétique, empreint d’états contradictoires, où l’espace s’extériorise et s’intériorise, où la temporalité se suspend, en s’accrochant aux mots de ce texte ouvrant. C’est la traversée d’une forêt rythmée par une ritournelle vocale et physique.

Jeudi à samedi - 23 au 25 février 2012
Petit Théâtre (UQAC), 20h

Jean-François Cantin présente son projet de fin de bacc. à tout le moins audacieux: la mise en scène d'une partie de La Formation de l'Acteur de Constantin Stanislawski. La méthode d’exposition adoptée par Stanislavski, que l’on pourrait nommer « demi-fiction», consiste essentiellement à faire parler Torstov en son nom : il est le Stanislavski, acteur accompli et professeur, tandis que le jeune étudiant qui tient son journal est le jeune Stanislavski en plein développement artistique.

Mercredi à samedi - 22 au 25 février 2012
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre La Rubrique donne sa toute nouvelle production, Une heure avant. Ce texte de Micheline Parent, mis en scène par Josée Laporte, fait une incursion dans l'univers des proches aidants. Dans le croisement de cinq voix circule un récit. Par fragments, par des biais insoupçonnés, par agglomérats, une histoire se construit, apparaît, se détaille: celle d’une femme au mitan de sa vie qui accueille chez elle sa mère malade de vieillesse. Au-delà de l’intimité imprévue des corps, des sentiments exacerbés, des rires inévitables et de l’observation effarée du travail de la mort, se trame pourtant une autre histoire, bien imprévue celle-là, mais tout aussi fatale.

Jeudi - 23 février 2012
La Tourelle (Collège d'Alma), 20h

Dans le cadre de la FLASHE Fête, il y a la présentation (je ne sais pas vraiment qui est le producteur) de Cravate Club, un texte de Fabrice Roger-Lacan mis en scène par Patrice Coquereau qui joue aussi aux côtés de Didier Lucien. Bernard compte sur la présence d'Adrien, son collègue et ami de longue date, pour fêter son quarantième anniversaire. Mais ce dernier se désiste le soir même pour ne pas rater le rendez-vous mensuel de son club sélect. Leur relation s'envenime au fur et à mesure que leur champ d'action s'amenuise. Or ni l'un ni l'autre ne semble vouloir mettre fin à l'affrontement, tant verbal que physique.

Vendredi - 24 février 2012
Salle Murdock, 20h

Le Théâtre 100 Masques et le Théâtre À Bout Portant s'associent pour donner un premier Impromptu scénique. Il s'agit là d'un spectacle complet (avec décor, costume, texte, éclairages) créé en 12 heures par une équipe de comédien et un metteur en scène. Le nombre de places est limité. Réservation: 418-698-3895.

Samedi - 25 février 2012
Collège d'Alma, (?)

Dans le cadre de la FLASHE Fête. À 13h, il y a une conférence, dans le Centre Social, de Mme Jeannot Boudreault, directrice artistique du Théâtre des Amis de Chiffon, pour relater le cheminement de cette compagnie fondée en 1974. Puis il y a, d'une part, le Théâtre de la Danse du Dragon, présenté dans le gymnase à 14h, qui œuvre depuis 1976 dans la recherche et la création des arts visuels et de la performance. Avec une approche inclusive qui accueille artistes professionnels et amateurs, le collectif crée des mises en scène utilisant des masques, des marionnettes géantes et de la musique qui ont été conçus par les participants. Les ateliers sont offerts sous forme d'échange culturel en utilisant une méthodologie de création collective. C'est un théâtre qui voyage à travers les Amériques et l'Europe, s'inspirant des histoires de la mythologie et des légendes locales. Un spectacle d'envergure qui sera réalisé avec l'aide des gens de la communauté. En même temps, à 14h, il y a aussi une création collective multidisciplinaire. Ce grand spectacle familial, à la fois grandiose et simple, est un moment unique qui rassemble des créateurs d'ici. Prétexte au partage, chacun met son talent au service de l'autre. Petits et grands, dans un même espace, vivront le moment présent par la danse, la musique, le conte, le théâtre d'ombre, la poésie, la chanson. Mise en scène de Émilie Gilbert-Gagnon.

samedi 18 février 2012

Le bon et le mauvais camarade


Il est toujours bon de feuilleter des vieux bouquins, comme celui-ci dont la page-titre illustre ce billet (et qui, en cliquant dessus, nous en donne l'accès via Google Book), et de se rendre compte, au fond, que le théâtre est un art qui demeure, nonobstant les nouvelles technologies, profondément le même à travers les siècles...

À preuve cette définition du camarade:

CAMARADE. — Les députés s'appellent collègue, les gens de robe confrère, les comédiens camarade.

Dans les coulisses il y a le bon et le mauvais camarade.

On appelle un bon camarade celui dont le talent est médiocre. Les étoiles sont ordinairement d'assez mauvais camarades.

Le bon camarade donne la réplique à l'étoile de façon à lui ménager son effet et lui souffle son rôle au besoin; il a soin d'avertir l'actrice aimée qui flâne dans le foyer, du moment de son entrée; il a de l'excellent rouge végétal à la disposition du ténor, il est l'ami du régisseur et se multiplie pour être agréable à tout le monde, en se rendant utile.

Le mauvais camarade coupe les effets de ses interlocuteurs, ne reçoit de conseils de personne, pas même des auteurs, déteste le régisseur, exècre le directeur, et déclare qu'on ne joue plus la comédie; qu'il n'y a plus de chanteurs; qu'il n'y a plus d'école, et que l'art s'en va. Il fait tous ses efforts pour le faire vivre, mais il n'est secondé par personne.

Bref, c'est le souffre-douleur et la diva... Se donner le moindrement la peine d'y réfléchir que peut-être chacune des ces descriptions pourrait se parer d'un (ou des!) visage(s) de camarades contemporains... !

vendredi 17 février 2012

Un échange sur un baiser

 
Voici un extrait de la pièce Une paire de gifles de Sacha Guitry, un de mes auteurs préférés, qui illustre assez bien et le rythme de son œuvre, de même que son esprit et son humour.

L'action - boulevard oblige... - se passe entre une jeune femme et un ami, plus vieux, qui souhaite ardemment devenir l'amant de service.Ce futur couple séparé s'obstine sur qui a fait les premiers pas...

LUI: Je me souviens d'un baiser - récent, tenez - auquel vous avez pris une part extrêmement active.

ELLE : Celui dans la voiture, oui, je me souviens. Je ne vous ai pas découragé, en effet, ce jour-là: je voulais voir jusqu'où vous iriez.

LUI: Jusqu'où j'irais?

ELLE: Oui. Vous êtes allé jusqu'à l'Élysée.

LUI: Comment jusqu'à l'Élysée?

ELLE: Oui, le baiser a commencer rue Royale, il a fini à l'Élysée.

LUI: Et qu'est-ce que vous en avez conclu?

ELLE: Que vous ne manquiez pas de respiration.

LUI: Oh! Ben alors... dites-le!

ELLE: À qui?

LUI: À moi.

ELLE: Mais... je vous le dis. Pour un homme de votre âge...

LUI: Comment... pour un homme de mon âge?

ELLE: Vous êtes bien un homme de votre âge?

LUI: Heu... évidemment, je suis un homme de mon âge.

ELLE: Eh bien, pour un homme de votre âge, ça m'a semblé très bien!

LUI: Alors... alors... alors...

ELLE: Alors, quoi?

LUI: Alors, pourquoi n'êtes-vous pas déjà ma maitresse?

ELLE: Parce que vous ne me l'avez jamais demandé.

Ce qui me plaît chez cet auteur, c'est cette légèreté portée par une machine rythmique implacable qui transforme les échanges verbales en véritable duel de mots avec ses attaques, ses esquives, ses ripostes... Une belle matière. Une réjouissante matière.

jeudi 16 février 2012

Deux nouveaux «Impromptus scéniques»!

Affiche de Vicky Côté (Théâtre À Bout Portant)

Le Théâtre 100 Masques et le Théâtre À Bout Portant s'associent le temps de présenter, comme activité bénéfice commune, deux nouveaux Impromptus scéniques (après que le Théâtre 100 Masques en ait donné une série de quatre en mars 2010).

Chacune des journée, une équipe de comédiens et de metteur en scène aura à créer, en douze heure, un véritable spectacle théâtral (une œuvre scénique complète avec discours cohérent, décor, costumes, éclairages) d'une durée minimal d'une heure. Lors de la représentation, un grand maître de jeu (moi en l'occurence!) jugera de la qualité du produit et imposera, au besoin, des contraintes aux acteurs.

Ces expériences sont toujours fort stimulantes et impressionnantes. Il s'agit là d'un laboratoire efficace pour l'exploration de la création sous pression et voir comment chacun agit avec celle-ci. C'est aussi un moyen dynamique pour mettre à profit la confiance, l'écoute, l'imagination créatrice.

Le premier vendredi, le 24 mars, l'équipe sera composée de Vicky Côté, Isabelle Boivin, Marc-André Perrier et d'un autre comédien (la place est encore disponible) sous la direction d'Élaine Juteau.

La semaine suivante, le 2 mars, ce sera au tour d'Andrée-Anne Giguère, Sophie Larouche, Patrick Simard et Marilyne Renaud de monter sur les planches sous le regard aiguisé d'Anick Martel

mercredi 15 février 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

 
Ce matin, j'ai rencontré la metteure en scène, Élaine Juteau, pour une première séance de travail de conception... Assis dans la salle Murdock où se tiendra la production, elle nous (à moi et à Carol Émond... tous deux en charge de l'esthétique... en plus d'Alexandre Nadeau qui se joindra à nous pour la lumière) a parlé de ce qu'elle souhaitait, de ses envies d'espace, de sa vision de la pièce.

Ainsi donc, c'est reparti dans la conception... avec un espace - ma foi! - éclectique et très différent des espaces des dernières années. Un espace multiple. Un espace-paysage. Un véritable in situ qui donnera une nouvelle fois une toute autre allure à la petite salle. Maintenant, à nous d'élaborer et de proposer des alternatives aux défis posés. Une collaboration s'enclenche.

Il est rare que je prenne officiellement le titre de concepteur... bien que généralement, j'agis comme tel sur la plupart de mes productions. La différence? Habituellement, je travaille pour moi et non pour un autre. L'expérience sera intéressante!

mardi 14 février 2012

On recherche des comédiens!

Est tombé, ce matin, dans mon courrier, cet appel de Jimmy Doucet qui recherche des comédiens pour ses nombreux projets pour l'été à venir... Voici ce qu'il écrit:

 

Mon nom est Jimmy Doucet. Je suis directeur artistique de la Route des mille et une histoires au Lac-Saint-Jean depuis cinq ans. Pour l'été 2012, nous produirons six spectacles dans le cadre de la Route et je présenterai aussi une pièce de théâtre pour le théâtre d'été de la Pulperie.

Ayant surtout fait du théâtre pendant quinze ans, caché dans des petites salles de Dolbeau-Mistassini avec ma petite équipe, je ne connais pas beaucoup les comédiens et comédiennes de la région. 

Je suis à la recherche de comédiens et comédiennes pour différents projets et j'aimerais beaucoup rencontrer des gens de partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean entre le 2 et le 10 mars. Les rencontres auront lieu à la Pulperie pour les personnes du Saguenay et à la salle de spectacle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini pour les personnes du Lac-Saint-Jean.

Si vous êtes libre pour l'été 2012 et que travailler dans la région avec l'équipe de la Route ou avec l'équipe du théâtre d'été de la Pulperie vous intéresse, contactez-moi pour fixer l'heure et la date de notre rencontre à l'adresse suivante: jimmy.doucet@hotmail.com

Avis aux intéressés!

Simple... mais faut y penser...



L'éclairage de peinture (et, par extension, du théâtre) a, selon François-Éric Valentin, trois buts, trois fonctions fondamentales qui doivent se conjuguer les unes avec les autres pour donner une lumière de qualité:
  1. créer l'espace;
  2. créer l'ambiance;
  3. créer le relief.
C'est tout. C'est simple... mais ça demande tout un art. Il s'agit là d'une composition fragile qui, lorsque bien exécutée (et non soumise au théâtralisme de la couleur et du gobo), devient magique.