jeudi 27 novembre 2008

Soir de premières!


Ce soir, à l'UQAC, deux premières: Beauté Mécanique, projet de fin de maîtrise d'Émilie Gilbert-Gagnon... et De l'amour et des griffes, production du Théâtre Mine de Rien (troupe de théâtre amateur) dont je signe la mise en scène... Alors, à tous:

MERDE!!!

Voici pour compléter la recherche sur l'origine de cette expression - citée dans le billet du 6 août 2008 - une autre version tout aussi amusante (tirée du site http://www.expressio.fr):

Nous avons des quantités de manières d'utiliser ce sympathique mot, souvent en tant qu'injure associée à des situations désagréables. Mais il se trouve que, chez nous, on l'utilise aussi pour souhaiter bonne chance à quelqu'un. Comment cela se peut-il ?

Il n'existe aucune certitude quant à l'origine de cette acception du mot qui est attestée au cours de la première moitié du XXe siècle.

La version la plus probable vient d'un simple usage superstitieux où, comme le souhait de "bonne chance" est interdit car il peut provoquer un échec, le mot qui en est considéré comme l'antonyme permet de déjouer le mauvais sort qui attend celui qui va subir l'épreuve (d'ailleurs, en rajoutant une couche de superstition alors que la première n'est même pas encore sèche, le destinataire est interdit de répondre 'merci' sous peine d'annuler la conjuration du sort).

Une autre version, hélas non attestée, voudrait que dans le monde du théâtre, souhaiter 'merde' à un acteur, c'était espérer pour lui que de nombreux fiacres viennent devant le théâtre déposer les spectateurs. Et comme les chevaux ont une fâcheuse tendance à déposer des mottes bien particulières sur leur trajet, beaucoup de crottin devant le théâtre signifiait alors beaucoup de spectateurs, donc du succès et de la chance.

Et puis il ne faut pas oublier que, toujours chez les superstitieux, marcher du pied gauche dans une merde sur le trottoir est supposé porter chance (sauf si c'est une crotte de chat noir déposée sous une échelle, bien entendu).

Voici (tirés du même site mentionné plus haut) les équivalents dans d'autres pays:

Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne

Toi, toi, toi (pas de traduction)
Angleterre

Break a leg ! Casse-toi une jambe !
Argentine Mucha merde ! Beaucoup de merde !
Belgique (Wallonie)

Bonne merde !
Brésil

Merda! Merde!
Espagne (Catalogne)

Molte merda ! Beaucoup de merde !
Italie

In bocca al lupo ! Dans la gueule du loup!
Italie

Incula la balena! Encule la baleine!
Russie

Ni puha ni pera! Pas du duvet, pas des plumes!

mercredi 26 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]



Une générale s'est faite hier soir... dans un contexte de début de répétitions, entre des chaises, des tables... bref, le fouillis du local P0-1010...

Bon. Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur...

Cet enchaînement (nous n'en avons jamais assez...) nous a au moins permis de tester l'ensemble des déplacements, des costumes, de la musique. Et il faut, du même souffle, avouer que ce fut franchement rigolo, que les (fous!) rires ont ponctués cette heure de représentation... tant dans la salle que sur la scène... du moins, dans les espaces délimités. Ça augure bien, je l'espère.

Ce qui peut sembler de prime abord léger et mal organisé (et qui, après coup, ce matin, rend la première de demain un peu plus stressante!) a donner une résultat surprenant: unir l'équipe en reléguant la pression au vestiaire.

Quand la franche camaraderie et la symbiose surgissent, le plaisir devient accessible!

Sarah Bernhardt: Parisienne éternelle

mardi 25 novembre 2008

Schéma pour une approche théorique de la performance [théâtrale]

Pour définir la performance théâtrale, Richard Schechner propose un modèle présentant quatre cercles (oups... j'ai seulement trouvé l'équivalent en boîte... et en anglais) concentriques emboîtés les uns dans les autres:

Et voici la légende reproduite textuellement telle qu'elle figure (apparemment!) en page 31 de «Performance», essai de Monsieur Schechner (et tirée, dans le cas présent, de la revue Théâtre/Public #190):

DRAME - Le cercle le plus petit, le plus intense et ardent. Comprend les textes, partitions, scénarios, directives, plans ou cartes écrites. Le drame est transposable d'un lieu ou d'un temps à un autre, indépendamment du ou des individus qui le transmettes, et qui peuvent être de simples messagers incapables de le lire et encore moins de le comprendre ou de le mettre en scène.

SCRIPT - Désigne tout ce qui est susceptible d'être transmis d'un temps et d'un lieu à un autre; les codes élémentaires d'un événement. Le script transmis d'homme à homme et le passeur est plus qu'un simple messager, il doit connaître le script et être à même de l'apprendre à d'autres, de manière consciente ou en recourant à l'empathie et à la formalisation.

THÉÂTRE - Événement représenté par un groupe particulier d'interprètes; ce que font les interprètes pendant un spectacle. Le théâtre est concret et immédiat. Habituellement, le théâtre est la manifestation ou la représentation d'un drame et/ou d'un script.

PERFORMANCE - Le cercle le plus large et le plus ouvert; désigne la constellation de tous les événements, la plupart passant inaperçus, qui se produisent parmi les interprètes et les spectateurs entre le moment où le premier spectateur entre dans l'espace de jeu (c'est-à-dire la zone où le théâtre a lieu) et celui où le dernier spectateur en sort.


Bon... d'accord... tout ceci demande un peu de réflexions... n'empêche que le principe est intéressant.

L'attente du spectateur


Ce soir, c'est la générale - dans un contexte si chaotique (principalement, nous n'avons pas la salle... donc pas d'éclairages non plus...) qu'il vaut peut-être mieux parler de dernier enchaînement! - du spectacle De l'amour et des griffes. Et dans quelques jours, ce sera celle de La Noël de Gruntilda...

Nous travaillons toujours avec, à l'esprit, la présence potentielle (et espérée!) du spectateur dans cet espace vide qui lui appartient. Il sera là. À attendre...

Anne Ubersfeld, dans Les termes clés de l'analyse du théâtre, définit ainsi cette attente: Au théâtre, comme dans les autres formes de spectacle, la réception est conditionnée par l'horizon d'attente du spectateur (Jauss), c'est-à-dire l'ensemble des codes qu'il connaît. Ce n'est pas le discours seul dont la réception est ainsi conditionnée, ce sont tous les éléments de la représentation, l'ensemble du spectaculaire. Si le spectateur s'attend à tel type de personnage, il s'attend aussi à tel type d'espace, de décor, de costumes. Il y a peu d'années, il était difficile à un enseignant, par exemple, de comprendre et de faire comprendre que l'espace de la tragédie classique n'est pas mimétique, qu'il ne représente aucun lieu dans le monde, ni corridor, ni antichambre de palais.

C'est cette attente qui déçoit ce spectateur... et contre celle-ci que les metteurs en scène tente de s'attaquer parfois...

lundi 24 novembre 2008

Le bienfait des ateliers

Carol Émond, Fabien Bouchard, Suzanne Martel, Angèle Bouchard

Peut-être que la meilleure façon d'éduquer les gens, de les sensibiliser au théâtre, est de leur permettre de vivre (en autant toutefois que l'encadrement vaille la peine!) une véritable expérience scénique. Ce cas par cas a l'avantage de bien faire comprendre le métier, le travail impliqué, l'investissement personnel.

Les ateliers, peu importe leur forme (en autant qu'ils se donnent dans un cadre professionnel!), sont, en quelques sortes, des écoles du spectateur... d'où leur importance non négligeable et l'intérêt plus marqué qu'on devrait leur porter. Car - et c'est presque prouvé scientifiquement! - ceux qui prennent ces ateliers iront, par la suite, plus volontiers au théâtre!

Ce n'est peut-être qu'ainsi (au lieu de la promotion habituelle...) qu'il y aura une relève dans le public. L'effet est plus long à percevoir... mais pourtant.
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Sur la photo qui illustre ce billet, les 4 courageux qui ont bravé le froid de cette fin de semaine pour présenter, à l'extérieur, sous la direction de Sarah Bernard du Théâtre Hors du Commun, le résultat de leurs ateliers. Le thème: le choeur... à partir du conte arménien La goutte de miel.

dimanche 23 novembre 2008

La Noël de Gruntilda [quelques notes]

À quelques jours de la nouvelle édition de La Noël de Gruntilda (spectacle présenté pour le bénéfice du Théâtre 100 Masques), nous revoici - après quelques rencontres, tout de même... et un numéro spécial dans le cadre de la Grande Nuit de la Culture du 26 septembre! - en salle de répétition, Alexandre et moi, pour revoir les textes, les dynamiques, les possibilités de réactions et ses marges de manoeuvre en cours de représentation. Probablement que si des gens nous épiaient pendant le travail, ils resteraient bouche-bée devant les accoutrements du comédien (voir la photo ci-dessous), les tons que l'on prend et les folies qui sortent de nos bouches...

Alexandre Larouche, quasi paré de ses plus beaux atours de fée des étoiles...
photographie: Dario Larouche

Car oui... ce spectacle est une véritable partie de plaisir que l'on retrouve avec enthousiasme et ouverture. Il s'est créé selon un mode particulier, essentiel à ce type d'animation théâtrale: l'humour et la folie. Les propositions fusent de toutes parts. L'esprit est en éveil et à l'écoute de la moindre perche tendue... et les rires fusent volontier! Une rigolo-thérapie pour ses artisans!

Le fil de ce spectacle: revenir sur les principales traditions et chansons de Noël (qui surviennent dans nos vies de plus en plus tôt!) pour les triturer et les revoir avec causticité et ironie! Quand la naïveté et la magie se frottent à la désillusion... Un spectacle presque pour adultes!

Cette année, à notre équipe (incluant Isabelle Boivin dans le rôle de Bubie la lutine...) se joint Marc-André Perrier et Marilyne Renaud qui reprend, pour l'occasion (et pour partager la vedette avec Gruntilda!) son rôle de Madame Weiss, personnage de notre dernière production estivale.

La Noël de Gruntilda II - La Nativité
une production du Théâtre 100 Masques
les 3, 4 et 5 décembre 2008
Salle Marguerite-Tellier

La semaine théâtrale... 16

Les amateurs de théâtre auront encore une fois une semaine bien remplie et devront faire preuve de rigueur et d'organisation pour tout voir!

De mercredi à samedi (du 26 au 29 novembre 2008)
Salle de répétition du Mont-Jacob, 20h

C'est la dernière semaine pour voir la production 2008 du Théâtre C.R.I., Parents et amis sont invités à y assister... mise en scène de Guylaine Rivard à partir de l'oeuvre du même nom de Hervé Bouchard. Spectacle intéressant (mon commentaire, celui de Jacques B. Bouchard, blogueur sur Jack aime/Jack n'aime pas et de D. Pelletier, blogueuse sur Spécial du Jour), bousculant. Mieux vaut réserver: le nombre de places est réduit... 418.542.1129!

De jeudi à samedi (du 27 au 29 novembre 2008)
Petit Théâtre de l'UQAC, 20h

(Dimanche, 30 novembre à 14h)


Émilie Gilbert-Gagnon boucle ses études à la maîtrise en art en présentant sa production finale, résultat de sa recherche des dernières années. Beauté mécanique est en fait l'accomplissement de plusieurs ateliers de recherche sur la place de l’émerveillement au théâtre [...]. Elle met en scène une Poupée mécanique, un Char allégarage, un Homme au bord de la folie, des Voix dans sa tête, une Femme fantôme et des Musiciens imaginaires… Beauté Mécanique est une adaptation théâtrale d'un album du même nom (du groupe Plywood ¾.) L’histoire raconte la vie d’un homme sans travail qui réalise que son couple ne fonctionne plus… En fait, plus rien ne va pour lui. Il décide de s’enfermer dans son garage, alors que sa femme se réfugier dans l'alcool. Petit à petit, il sombre dans une folie inquiétante. Son désespoir le pousse à se fabriquer une poupée mécanique dont il tombera follement amoureux (tiré du communiqué de l'équipe). L'entrée est gratuite... et ce spectacle est recommandé pour les personnes de 16 ans et plus.

Jeudi et vendredi (27 et 28 novembre 2008)
Auditorium de l'UQAC, 19h

Présentation de la troisième production du Théâtre Mine de rien... que d'aucun nomme troupe de théâtre amateure de l'UQAC... De l'amour et des griffes... spectacle ayant pour but principal de faire découvrir le théâtre à des personnes intéressées. Pour plus de détails, référez-vous aux billets précédents portant sur le sujet.

Samedi (29 novembre 2008)
Café-Théâtre Le Côté Cour, 20h30

Patrice Tremblay- qui était à la tête du défunt (?) Théâtre de la Suggestion et qui a présenté déjà un spectacle mystique autour de Saint Jean de la Croix - présente cette fois, à ce que j'en sais, un récit poétique et musical inspiré de la « Chanson de geste », La Nuit des Brumes (Paroles de Patrice Tremblay, musique de Yan Larouche).

Samedi (29 novembre 2008)
Salle Pierrette-Gaudreault, 20h)

Photographie: Krista Boggs

Le Théâtre La Rubrique présente KIWI (la troisième version à passer dans la région en un an... mais cette fois, sous la direction de l'auteur même, Daniel Danis), une production de la Compagnie Daniel Danis arts/science (Montréal), en coproduction avec Le Grand Bleu, Établissement National de Production et de Diffusion Artistique (France). La pièce commence alors que Kiwi, une enfant d'un bidonville, a douze ans. Dans la grande ville, ce sera bientôt les Jeux Olympiques… Les autorités veulent faire le grand nettoyage, vider la racaille, cacher la misère des enfants qui rôdent dans les rues. [...] Squattant un ancien abri souterrain de la deuxième guerre mondiale, Kiwi apprend pas à pas la réalité de la vie d’enfant des rues : les vols, les passes, les échappatoires et le rêve d’un chez soi meilleur (www.theatrelarubrique.com)

samedi 22 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]... suite redondante


C'est fait. Il est toujours intéressant de voir à quel point un spectacle peut souffrir, en fin de production, de l'absence de spectateurs... particulièrement lorsqu'il s'agit d'une comédie. Et cette impression s'accroît doublement lorsque, comme aujourd'hui (alors que nous devions en être, vu le contexte parascolaire, à une première générale), nous ne pouvions nous appuyer sur les moyens techniques habituels (éclairages, musique) qui procurent - si non une renaissance - un élan bénéfique.

Nous en sommes donc là... aux prises avec les doutes de cet art éphémère. Sommes-nous prêts? Nous ne le saurons qu'à compter de mardi soir... et c'est cette qualité disons temporelle (le fait de n'être que présent) qui confie au théâtre tout son charme. On peut prévoir, on peut espérer, on peut créer sur papier, on peut tenter de réconforter, rassurer ses comédiens... seule la représentation (et chacune est unique) donnera la véritable mesure du résultat.

Meyerhold disait: Une représentation théâtrale ne connaît ni "hier" ni "demain". Le théâtre est un art d'aujourd'hui, de l'heure, de la minute, de la seconde même. "Hier", pour le théâtre, ce sont les récits, les traditions, les légendes, les textes des pièces; "demain", ce sont les rêves de l'artiste. Mais la réalité du théâtre, c'est seulement "aujourd'hui". Le poète, le musicien peuvent travailler pour un lecteur ou un auditeur futur. [...] Pour l'acteur, semblables rêves n'ont aucun sens. Son art n'existe que tant qu'il respire, tant que sa voix vibre, tant que la salle l'écoute, en retenant son souffle. C'est précisément pour cette raison que le théâtre est un art résolument contemporain.

C'est un peu vertigineux... et je conçois bien que ce charme puisse paraître, pour l'interprète (d'autant plus amateur), comme un gouffre sans filet.

Désormais, seuls la confiance et le plaisir pourront nourrir ce spectacle... Alea jacta est.

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


C'est la dernière journée de répétition pour le Théâtre Mine de Rien... du moins, avant les générales, plus tard dans la semaine qui vient.

Ce sont donc les dernières heures disponibles pour corriger des intonations, des gestes qui contrecarrent toujours la fluidité scénique, les dernières heures pour mettre une dernière main aux costumes et aux accessoires, les dernières heures pour consolider ce spectacle exigeant tout en donnant de solides assises à ces comédiens du plaisir.

Peut-être aussi sont-ce les moments les plus difficiles pour eux. Après tout, le plus important élément du dialogue théâtral leur est, pour la plupart, inconnu: le public. Il nous faut donc s'attarder à la force de la voix, la projection, la diction... devant une salle vide. Il leur faut prendre conscience de l'immensité de la salle avant que celle-ci ne se remplisse et accentue ce que Sara Bernarhdt appelait une preuve de talent, le trac.

Nous en sommes donc là. Faire respirer la forme. (Re-)Trouver le plaisir de l'exécution scénique. Comprendre les enjeux et les faire passer.
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Cruauté, coup bas, perfidie,
condescendance et éclats de rire!!!

Pour entreprendre sa troisième année d'existence, le Théâtre Mine de Rien (troupe de théâtre amateure de l'UQAC) présente De l'amour et des griffes... un collage vaudevillesque où les beaux sentiments font place à la violence ou verbale ou physique, apanage artistique d'un temps révolu en cette ère du politically correct.

Puisant à même le répertoire du Boulevard français, voyez Félicie et Madame de Crampon, deux jeunes bonnes éplorées parler de feu Victor, cet homme si bon... du moins peut-être (Le Défunt
de René de Obaldia). Puis l'entrée en scène de Monsieur DesRillettes, pique-assiette de son état, tombant entre les serres acérées de Mesdames Boulingrin et Tartempion, vieilles filles hystériques prêtes à tout pour un peu d'attention (Les Boulingrin de Courteline).

Un spectacle plastique où la théâtralité émerge d'abord et avant tout des comédiens (Maryline Chamberland-Tremblay, Martine Chapados, Nicolas Ilaréguy, Marilou Simard et Mélissa Valiquette) sous la direction de Dario Larouche.

De l'amour et des griffes
Les 27 et 28 novembre 2008 (jeudi et vendredi)
19h, Auditorium de l'UQAC (P0-5000)
Entrée: 5$

vendredi 21 novembre 2008

Parents et amis sont invités à y assister... avec avertissement préalable!

Le C.R.I. a encore frappé.

D'emblée, la nouvelle production, Parents et amis sont invités à y assister, - construite à même une oeuvre littéraire dense (de Hervé Bouchard) dont elle cherche à conserver l'essence - bouscule, déstabilise, accroche le spectateur et le perd tout à la fois. Un spectacle drôle, (dans tous les sens du terme), percutant, étrange, fort et fragile.

Un clan livre ses tribulations dans des lamentos funambulesques et bassement comiques. Figure centrale de cette polyphonie, la veuve Manchée, femme sans bras dans sa robe en bois, s'adresse à ses soeurs, à ses fils les chiens à tête de veau, à «l'épisodique Laurent Sauvé» joué par un fils de dieu – et à elle-même. Faite de monologues entrecroisés, cette oeuvre fonde un monde tout à la fois labyrinthe et scène de théâtre, où la parole a force de mythe et fait corps avec les choses et les êtres qu'elle produit ; où l'angoisse est un «orphéon» de fils chiffrés qui joue fort pour les «spectatrons» ; où les tirades sont autant de lieux, cave, coin, voiture et kiosque... Où chaque vivant, «en Hamlet qui magasine», a des morts et des pères qui lui remplissent la voix d'histoires. (Le Quartanier)

Peut-être est-ce là un bel exemple de ce qu'on nomme rhapsodie. Il s'agit donc avant tout d'opérer un travail sur la forme théâtrale: de décomposer-recomposer - componere, c'est à la fois assembler et confronter -, selon un processus créateur qui envisage l'écriture dramatique dans son devenir. C'est alors précisément le statut hybride, voire monstrueux du texte produit - ces recouvrements successifs de l'écriture que synthétise la métaphore du texte-tissu -, qui caractérise la rhapsodisation du texte, permettant l'ouverture du champ théâtral à une troisième voie, c'est-à-dire à un autre mode poétique, qui associe et dissocie tout à la fois l'épique et le dramatique. [...] C'est dans ce que Jean-Pierre Sarrazac nomme le «théâtre des possibles», où coexistent et s'ajoutent les contraires, où tout est placé sous le signe de la polyphonie que le travail rhapsodique de rapiéçage et de conjoncture prend tout son sens, engendrant dans les écritures contemporaines la structure d'un montage dynamique. (Poétique du drame moderne)

Dans la salle de répétition du Centre Culturel du Mont-Jacob, une distribution de qualité qui oscille entre le slam (dont se joue particulièrement bien Marc-André Perrier, rompu à ce type de texte) et la déclamation (magnifique Josée Laporte qui en pleure toute sa voix) austère et statique. On entend plus qu'on écoute. On ressent plus qu'on apprécie.

Scénographiquement parlant, rien. En fait, un faux rien. Que des chaises empilées. Que des matelas empilés (qui servent, par ailleurs, de cercueil, de lit, de tableaux). Et la pièce maîtresse: une robe en bois, prison vestimentaire (et hautement métaphorique!) de la mère. Tout est brut, sans illusion. Dès lors, l'aridité de la théâtralité laisse toute la place à la performance... puisque c'est de cela qu'il s'agit. Une performance... théâtrale.

Une mise en scène intéressante (parce que perplexifiante... parlez-en à mes voisins spectateurs atterris là par hasard...) dont il serait bon de connaître le processus. La richesse de la mise en scène de Guylaine Rivard (outre les ingénieuses trouvailles qui émaillent ces deux heures de représentation) se trouve principalement dans sa capacité à questionner le spectateur. Un véritable travail de recherche. Par conséquent, un spectacle qui demande beaucoup à son public.


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Parents et amis sont invités à y assister
jusqu'au 29 novembre (du mercredi au samedi)
Centre culturel du Mont-Jacob

Mise en scène:
Guylaine Rivard

Distribution:
Josée Laporte
Anne Laprise
Monique Gauvin
Jérémie Desbiens
Marc-André Perrier
Dany Lefrançois
Martin Giguère

jeudi 20 novembre 2008

Élections... et la culture?

Profitons du travail des autres... enfin... d'un autre (Paul Journet), ... et voici, avec ce lien, les principaux engagements culturels des principaux partis en cause dans cette élection quelque peu soporifique... quoique... Taxe coupée? Référendum? Le choix est large...