mardi 16 novembre 2010

Boules en stock! [Carnet de notes]


Aujourd'hui, longue répétition en deux blocs: le premier, cet après-midi, consacré aux numéros comme tel; le second, ce soir, consacré aux liens.

Mine de rien, ce type de production demande encore plus d'énergie qu'un spectacle plus conventionnel parce que bien qu'il faut donner une forme à l'informe... Les textes sont construits au fur et à mesure du travail, selon l'inspiration du moment et l'apport des comédiens eux-mêmes. Il devient alors très difficile de fixer ceux-ci, de les arrêter pour avoir au moins le loisir d'y réintervenir. Alors que l'improvisation ne devrait, dans ce cas-ci, que fournir de la matière, elle agit souvent comme principal moteur lors des enchaînements. Pour un spectacle qui demande de la précision, de la rigueur, c'est un peu contraignant...

Il faut que les interprètes acquièrent une aisance propre à leur permettre de récupérer tout ce qui se passe tout en ayant une conscience théâtrale hypertrophiée!

La semaine dernière (mardi passé pour être plus précis), nous avons fait un enchaînement brut de tout le spectacle, que les numéros aient été vus ou non. Juste pour nous donner une idée de l'enchaînement de ceux-ci.

lundi 15 novembre 2010

Focalisons...

Où il est question dans de focalisation, une notion définie ainsi par Anne Ubersfeld dans Les termes clés de l'analyse du théâtre, publié aux éditions du Seuil en 1996:

FOCALISATION: Travail du spectateur choisissant un élément de l'espace, un détail de la représentation, un acteur, pour faire porter son attention sur cet élément, et éventuellement le suivre dans son évolution. Travail souvent prévu et préconstruit par le metteur en scène, le scénographe, voire l'éclairagiste.

dimanche 14 novembre 2010

«Vivre du théâtre: pas encore»... La Presse, 13 novembre 2010


Voici un article de La Presse, dans l'édition de ce week-end, écrit par Jean Siag:

Est-ce qu'on peut vivre du théâtre au Québec? Non, répond sans surprise le Conseil québécois du théâtre (CQT), qui vient de réaliser une première étude statistique sur l'économie du théâtre québécois en faisant le portrait de la saison 2007-2008.

À partir des données fournies par les associations de producteurs et d'artistes, le CQT a établi le salaire moyen des artistes de la scène à 8765$ par année, soit l'équivalent de deux contrats de travail. Une somme évidemment insuffisante pour ces travailleurs, forcés de diversifier leurs activités.

Selon le comédien Sylvain Massé, président du CQT, les comédiens ne sont pas nécessairement mécontents de varier leurs tâches, que ce soit en faisant du doublage, du cinéma, etc., mais il déplore tout de même les conditions faméliques de ces artistes, qui n'ont pas tous la possibilité de faire autre chose.

La rémunération des artistes pour leurs heures de répétition, une mesure mise en place au cours des deux dernières années, ne semble pas avoir amélioré les conditions de travail des artistes. «C'est un gain de principe, indique Sylvain Massé. Mais malheureusement, dans bien des cas, le producteur n'a pas plus d'argent, alors il réduit son budget de fonctionnement en conséquence.»

Peu de tournées au Québec

Autre donnée importante de ce Profil statistique de la saison théâtrale 2007-2008: parmi les 375 productions répertoriées durant la période d'étude, seulement le quart d'entre elles ont fait l'objet de tournées au Québec. Ce qui veut dire que l'accès du public à la scène demeure très limité.

Fait intéressant, ces quelque 90 productions qui font des tournées donnent plus de représentations en France (369) que dans toute autre région du Québec, à l'exception de Montréal.

«Bien sûr qu'on se réjouit de ce rayonnement, nous dit Sylvain Massé. Mais en même temps, nos régions sont privées de notre propre offre théâtrale, qui est en hausse. Et elles n'ont pas accès à certains de nos grands dramaturges comme Wajdi Mouawad.»

Le CQT, qui travaille de près avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, a l'intention de rencontrer la ministre de la Culture et de la Communication, Christine St-Pierre, pour discuter du soutien gouvernemental aux tournées québécoises, une condition nécessaire selon le CQT pour mieux «diffuser notre culture».

«Non seulement le fédéral a coupé les programmes (PromArt et Routes commerciales) qui permettaient à nos compagnies de voyager, mais ici même, il y a une mauvaise circulation de nos productions. Ce qui fait que les compagnies de théâtre peinent à rentabiliser leurs projets», constate Martine Lévesque.

Un aspect positif de cette étude statistique: nos auteurs sont joués. Plus de 80% des productions proviennent en effet d'auteurs dramatiques québécois. Dont plus de la moitié (56%) sont des créations. Quant aux jeunes âgés de 18 à 34 ans, ils ont obtenu 45% de l'ensemble des contrats attribués pour l'ensemble des productions.




Au théâtre, cette semaine! (du 14 au 20 novembre 2010)


Petite semaine encore fort chargée dans ce mois de novembre qui devrait être qualifié de mois du théâtre au Saguenay (le mot n'est pas de moi moi de Sarah Moisan... sur une autre plateforme!)... Des nouveautés, des continuités, des visites... bref, encore une fois, de tout pour tout le monde.

Aujourd'hui dimanche - 14 novembre 2010
Salle du Facteur Culturel (Jonq.), 14h

Dernière représentation de la semaine de Petites histoires avec une mère et une fille dedans du Théâtre CRI... dont les commentaires reçus sont plutôt élogieux! Un texte de Marie-Christine Bernard mis en scène par Émilie Gilbert-Gagnon. Avec Marilyne Renaud et Guylaine Rivard dans un espace de Boran Richard. Avec seulement 47 places disponibles, mieux vaut réserver à l'avance!

Aujourd'hui dimanche - 14 novembre 2010
SS-5 (Centre des arts de Chicoutimi), 14h et 20h

Dernières représentations de la semaine de Pendant ce temps dans la tête de Grossomodo, le quatrième solo des Clowns noirs qui met en vedette -ô surprise!- Grossomodo... et une machine pleine de surprises! Avec seulement une petite quarantaine de places (et compte-tenu de l'engouement généralement dévolu pour ces personnages!), mieux vaut réserver à l'avance!

De merc. à sam. - du 17 au 20 novembre 2010
Salle du Facteur Culturel (Jonq.), 20h
(et le dimanche 21 novembre 2010, 14h)

DERNIÈRES CHANCES! Dernière série de représentations pour Petites histoires avec une mère et une fille dedans du Théâtre CRI (voir plus haut pour d'autres infos).

De jeudi à sam. - du 18 au 20 novembre 2010
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h
(et le dimanche 21 novembre 2010, 14h)

Le Théâtre À Bout Portant présente Le déclin des soleils de glace, un projet de Vicky Côté axé notamment sur la routine et les façons de s'en libérer. Suite à Rage et Les Immondes de la même compagnie, il va sans dire que ce sera un rendez-vous à ne pas manquer!

Jeudi - 18 novembre 2010
Auditorium d'Alma (Alma), 20h
Vendredi - 19 novembre 2010
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

Pour les amateurs de danse! L'Auditorium d'Alma et Diffusion Saguenay reçoivent, à tour de rôle, Danse K par K qui présentera son spectacle Cibler: Dans cette œuvre règne des ambiances d’inconforts et de malaises saturés dans un rythme époustouflant où des gestuelles complexes se succèdent sans relâche jusqu’au dernier souffle. La pièce se dessine en acte manqué, nous rappelant la fragilité de l’être humain. Ce spectacle empreint de symboles et de références, reste près de sa cible, l’humain avec toutes ces forces et ses faiblesses.

Vendredi - 19 novembre 2010
Auditorium d'Alma (Alma), 20h

Piaf remet ça et revient jouer à l'Auditorium d'Alma. Lors de son dernier passage à Jonquière dans les semaines dernières, les critiques n'ont pas été très tendre pour ce spectacle dont le personnage principal devait être interprété par Sylvie Drapeau.

De ven. à dim. - du 19 au 21 novembre 2010
SS-5 (Centre des arts de Chicoutimi), 20h
(également une représentation, dimanche, 14h)

DERNIÈRES CHANCES! Dernière série de représentations de Pendant ce temps dans la tête de Grossomodo (voir plus haut pour d'autres détails).

Bien. C'est tout ce qu'il y a sur mon radar! Si j'omets quelque chose, qu'on me le fasse savoir ou que l'on se taise à jamais.

samedi 13 novembre 2010

Voeu pieu...


Le théâtre est comme la messe;
pour en bien sentir les effets
il faut y venir souvent.

Émile-Auguste Alain
(philosophe, 1868-1951)
Éléments de philosophie


Bon, à notre époque, ça ne veut plus dire grand chose et, s'il en était ainsi, je ne donnerais pas cher de la survie du théâtre!

vendredi 12 novembre 2010

Au suivant!

Sortent depuis quelques minutes sur RDI les nouvelles Capitales Culturelles du Canada pour 2011... et non, Ville de Saguenay n'est plus dans le coup! Ainsi donc, ce seront Vancouver, Charlottetown et Lévis qui porteront ce chapeau que nous avons découvert dans un drôle de contexte (et j'espère pour eux que les organismes qui recevront l'argent n'irons pas sur la place publique pour dire qu'ils ont oublié pour quel projet ils sont financés...).

Gestion 101


Arrive toujours un moment dans l'année où la situation financière d'un organisme culturel (le Théâtre 100 Masques, pour ne pas le nommer dans ce cas-ci...) semble précaire... voire désespérée.

Pour nous, le problème vient du fait que par un choix logique et nécessaire, nous avons priorisé l'embauche temporaire d'une ressource pour les activités de l'automne (dont le contrat est maintenant terminé...): rapport des activités estivales, préparation des ateliers réguliers, demandes de subventions, parcours audiothéâtral, mise en lecture du Festival des Mets et des Mots, préparation de la production des Fêtes... à cela s'ajoute les ateliers pour aînés et les ateliers scolaires.

Cette ressource devait occuper le poste de façon très limitée, jusqu'à l'embauche (par le processus d'une subvention salariale... le temps que nous consolidions notre fonds de roulement) permanente d'une personne. Malheureusement, bien que le CLE nous ait octroyé une subvention dès la mi-septembre, les circonstances n'ont pas permis de remplir ce poste... et ce subventionneur s'est vu dans l'obligation de reprendre ce qu'il nous avait donné.

Ainsi donc, le fond de roulement de la compagnie a été fortement entamé... au point où décembre s'avérera aride. Pourtant, nous ne sommes pas sur le bord de la faillite, qu'on se rassure! Le grand problème de liquidité que nous pouvons éprouver (enfin, que nous éprouverons après que tous les comptes, cachets et autres salaires d'ici les Fêtes soient payés) vient du fait que outre une petite subvention du CAS, la plupart de nos revenus proviennent de services facturés... donc, souvent en attente... ce qui est le cas pour l'instant.

N'empêche que certaine nuit, le sommeil est difficile à trouver!



jeudi 11 novembre 2010

Ouf...

De mémoire (la mienne!), il me semble que c'est la première fois, la première saison où il y a un tel foisonnement théâtral, un tel bouillonnement scénique, que le milieu a du mal à suivre: essoufflement, chevauchement des projets, des productions, implication des artisans dans de multiples activités...

Pour la première fois, il me semble que le nombre de personnes impliquées est fort élevé... à moins que je me trompe...

D'une part, cela dénote une vitalité théâtrale incroyable pour une région... mais en même temps, il s'agit un peu aussi de poudre aux yeux parce que le financement, lui, n'est pas nécessairement au rendez-vous...

mercredi 10 novembre 2010

Admiration limitée!


Tiens tiens... pour continuer l'exploration du côté sombre de la vie théâtrale saguenéenne (qui marque bien l'état moyen dans lequel je me sens présentement!), je fais un petit détour par le fameux Petit Lexique Amoureux du Théâtre de Philippe Torreton (publié chez Stock en 2009... et dont j'ai plusieurs fois fait référence sur ce blogue) qui sait si bien s'atteler à cette tâche (et qui, du coup, prouve bien que c'est partout pareil... que l'on soit du Saguenay, du Québec, de la France!)... Un petit texte qui peut recouper ma petite montée de lait d'hier!

A comme Admiration

L'admiration laisse un vide. C'est une sorte de reddition en terrain neutre. L'admiration est compliquée pour un acteur: se réjouir du talent de l'autre.

En général l'admiration est lointaine, voire post mortem, nombre d'acteurs en couleurs admirent sans réserve les comédiens en noir et blanc. On admire le patrimoine, ou le comique qui devient sérieux, ou le tellement vieux.


Il est plus rare en revanche d'admirer le talent d'un comédien de la même génération que soi. On admire, en fait, d'autant plus volontiers lorsque les signes sont évidents que l'on ne boxe pas dans la même catégorie. D'autres choisissent la méthode inverse, mais qui revient au même, ils admirent tout le monde. Ils vont voir le plus de spectacles possibles et ressortent des loges en ayant repeint les murs de louanges. Le manque de travail peut provoquer cela, quand il ne rend pas aigri, il cacochymise le cerveau et rend tout le monde génial comme pour mieux expliquer son chômage, mais aussi espérer rester dans le coup: un compliment peut faire mouche.


Pardon, mais il est normal de ne pas avoir l'admiration facile dans ce métier. Pour de multiples raisons, d'ailleurs, la première, la plus objective, étant que le talent digne de ce nom est rare, la plupart du temps nous constatons un savoir-faire ponctuel, agréable ou surprenant, mais l'admiration demande à voir et à revoir, elle demande du temps, et c'est sans doute pour cela qu'elle se réserve aux aînés.


[...] Il faut avoir une belle confiance en soi, donnée par le succès, ou une grande fragilité pour admirer. C'est là que le débutant rejoint la vedette. Entre les deux, on se débrouille, on se contente d'aimer ou de ne pas aimer.


Encore une fois, il est difficile de ne pas se reconnaître ou de ne pas reconnaître la situation dans les écrits de ce comédien français! Décidément, j'en recommanderais la lecture à quiconque fait du théâtre... non pas pour briser les élans mais juste pour donner une vision plus juste du fonctionnement du théâtre dans ses moindres recoins!


mardi 9 novembre 2010

Boules en stock! [Carnet de notes]


L'équipe s'élargit cette année en faisant de la place pour cinq comédiens qui enchaîneront les numéros revisitant les grands classiques de la Noël: Marilyne Renaud qui reprend le rôle de Mme Weiss, animatrice de la soirée; Louison Renaud, Mélanie Potvin et Pierre Tremblay qui incarneront tout autant de Mères-Noël; et enfin (et non le moindre!), Patrick Simard, petit faire-valoir.

Ce soir, c'est la première répétition avec l'équipe complète.

Encore une fois, il s'agit de partir le bal des Fêtes avec un spectacle un peu grinçant sur les traditions. Les thèmes: noël et la religion, noël et la séparation, noël et les pauvres en haillons, noël et le bedon, noël et les réveillons, noël et les passions, noël et les rejetons...

Un cabaret festif haut en couleur... enfin, pas tant, puisque tout est rouge.

Fatigues

Il y a, dans ce beau milieu, une fâcheuse propension à se draper dans les superlatifs qualitatifs flattant qui un ami, qui un employeur potentiel...

Il y a, dans ce beau milieu, une fâcheuse propension à se comparer, se mesurer à l'aulne de ses propres critères... la médisance et l'hypocrisie devenant la principale arme pour sinon se remonter, du moins abaisser l'adversaire..

Il y a, dans ce beau milieu, une fâcheuse propension à se vexer, se contrarier, se froisser, s'indisposer, se mortifier, s'offusquer se replier sur soi... tout en tentant de ménager et la chèvre et le chou...

Il y a, dans ce beau milieu, une fâcheuse propension à se draper dans le rôle de victime, de martyr socio-économique, de souffre-douleur...

Oui, il y a beaucoup d'irritants...


Un jeu nécessaire

Saint Thomas d'Aquin

Alors que les pères de l'Église se répandaient de tout leur fiel contre le théâtre (voir , et ) pour sombrer dans le spectacle de leur propre égocratie... d'autres, au fil du temps, ce sont avérés moins obtus et plus ouvert à ce jeu de l'homme par l'homme.

Voici ce qu'en dit Saint Thomas (1225-1274), un théologien (dans un extrait publié dans la brique L'art du théâtre d'Odette Aslan):

Le jeu est nécessaire au commerce de la vie humaine: or, tout ce qui est utile au commerce humain peut justifier un métier; le métier des histrions, fondé pour la consolation des hommes, n'est donc pas en soi-même interdit, et ils ne sont pas en état de péché, pourvu qu'ils jouent avec modération, c'est-à-dire sans recourir dans leur jeu à des commerces et des affaires illicites; d'où il s'ensuit que ceux qui les rétribuent raisonnablement ne pèchent point, mais qu'ils agissent avec justice en attribuant une rémunération à leur travail.

Et voici que nos pauvres âmes d'histrions sont sauvées... promesse de Saint Thomas (qui n'est pas - dommage.. car l'ironie aurait été trop belle! - celui qui doute et qui fait proverbe)...