lundi 21 mars 2011

Un dixième anniversaire...



Les 14, 15 et 16 mars 2001, je présentais ma première mise en scène à la Salle Murdock (qui venait, quelques semaines plus tôt, d'ouvrir ses portes), Ipso Facto - Courtepointe désamoureuse, qui marquait également mon entrée au sein du Théâtre 100 Masques.

Il y a donc déjà dix ans de passé. Ça passe vite... Dix ans... et 32 mises en scène...

Antigone



Juste une petite correction toutefois: ça ne devrait pas être «Le Théâtre 100 Masques et la Fondation TIMI présentent» mais plutôt «Le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques présentent».

La Fondation TIMI a octroyé une subvention au Collectif à qui nous avions donné (nous étant le TCM) l'engagement de fournir l'équivalent...


dimanche 20 mars 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 20 au 26 mars 2011)


Cette semaine, il y n'y a pas grand chose... mais le peu de chose qu'il y a vaut le coup (ceci étant dit en totale absence de recul et de modestie)!

Lundi et mercredi - 21 et 23 mars 2011
Le Ménestrel (Chic.), 19h30

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentations scolaires (et à guichets fermés), le très couru solo qui ne demande plus de présentation, Les lectures de Diogène.

De mardi à vendredi - du 22 au 25 mars 2011
Auditorium du Lycée (Chic.), 20h
(et aussi en repr. spéciale le vendredi à 13h30)

Dans cette salle magnifique rose et turquoise construite en 1959 et fichtrement bien conservée (sise au dans la cour des Soeurs du Bon Conseil, au 700 rue Racine... où il faut laisser les voitures dans la rue ou dans le premier stationnement dans la côte), le Collectif N.A.T.A.S. présente, dans le cadre du laboratoire annuel du Théâtre 100 Masques, sa propre vision de la tragédie antique Antigone de Sophocle. Il en coûte 10$ pour tous.

Voilà. C'est ce qu'il y a à mon écran radar. Si j'oublie des trucs, qu'on me le fasse savoir!

samedi 19 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Le Visite lors de la création du Mic Mac, en 1984.
À noter que les deux comédiens du centre
(les troisième et quatrième de la ligne)
se retrouvent dans la production de 2011!

On entreprend, cette fin de semaine, le dernier quart de la création. Le dernier droit...

Période intense où tout est en place et attend l'étincelle magique... qui tarde parfois à surgir.

Dans les jours à venir (disons les dix prochains), ce sera maintenant au tour du son et de l'éclairage à faire leur entrée en scène. Des éléments qui serviront, en quelques sortes, de catalyseurs lorsqu'ils auront été mis en place. De même que les costumes (qui n'ont pas encore été vus sur une scène colorée...). De même que les maquillages (qui sont encore en chantier).

Donc, au menu, plusieurs enchaînements... à la recherche d'une dynamique et d'un rythme soutenu et en quête d'une consolidation de la ligne dramatique du couple principal qui a besoin de cette machine autour de lui pour se définir. Un travail de longue haleine fait dans un cadre de sprint.

Un projet qui, maintenant que la vue d'ensemble est possible, ne demande plus que le plaisir et l'enthousiasme pour croître et se développer. Et une rigueur toute particulière à la comédie: garder vivant ce qu'on ne ne trouve plus drôle de même que faire sans surfaire.

Toutefois, j'entreprends ce week-end avec des craintes dues, entres autres choses, à des circonstances contrariantes: une comédienne absente, une autre qui arrive de Chine et qui risque de subir le décalage, une autre malade et sous antibiotique et d'autres qui doivent parfois se plier à des impondérables professionnels... Un beau projet qui nous aura fait vivre moult péripéties.

vendredi 18 mars 2011

Dans une salle près de chez vous

C'est ma découverte de l'année! J'en avais vaguement entendu parlé... L'ancien Lycée du Saguenay (propriété des Soeurs du Bon-Conseil) renferme un petit bijou d'architecture: un auditorium qui peut accueillir quelques centaines de personnes (en comptant la mezzanine, ce sont près de six cents sièges disponibles). Peu pratique? Peut-être... Vieillot et suranné? Assurément... Mais d'un charme fou avec son petit côté art déco, ses murs roses et turquoises et son état de conservation (et de propreté!) remarquable qui ferait rougir bien des lieux de travail sur le territoire. Un royaume de volutes et de rondeurs pour les arts de la scène. Les images suivantes ne donnent malheureusement pas une juste appréciation de l'ensemble...





La chose la plus fascinante de cet endroit est probablement sa régie technique pour l'éclairage (fixe, composé d'une série de lampes, au plafond, rouges, vertes, jaunes et bleues) activée par une rangée de manettes. On est loin, ici, de la console informatique! Au point où les changements de lumières et la fermeture automatique des rideaux (parce que oui, cette salle à de nombreux rideaux beiges et un rideau de scène orange) se font sur un grincement et un grondement venus d'un autre âge. Magnifique.



Voilà. C'est là que se jouera, après avoir loué cette salle, l'Antigone du Collectif N.A.T.A.S. en collaboration avec le Théâtre 100 Masques. Dommage que cette salle - vacante depuis quelques années - ne soit pas utilisée (et, à ce que j'ai compris, la communauté religieuse n'a pas l'intention de l'exploiter). Dommage, oui... mais en même temps, les commodités pour un travail rigoureux et plus contemporain sont inexistantes: pas de loges, pas de dégagement en arrière-scène, pas de système d'accrochage et, pire!, peu de prises de courant. Ça explique bien des choses...

jeudi 17 mars 2011

Un corps entre la tragédie et la comédie

Alors que je baigne présentement entre la tragédie (pour l'Antigone de Sophocle qui sera présentée sous peu par le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques) et la comédie (pour La Visite du Théâtre Mic Mac qui commencera dans deux petites semaines), je viens de tomber sur ce petit passage - enfin, une citation! - écrit par Henri-Louis Bergson (1859-1941), philosophe français dans son ouvrage Le Rire. Un petit passage qui donne à réfléchir. Dès que le souci du corps intervient, une infiltration comique est à craindre. C'est pourquoi les héros de tragédie ne boivent pas, ne mangent pas, ne se chauffent pas. Même, autant que possible, ils ne s'assoient pas. S'asseoir au milieu d'une tirade serait se rappeler qu'on a un corps. Napoléon, qui était psychologue à ses heures, avait remarqué qu'on passe de la tragédie à la comédie par le seul fait de s'asseoir. Voici comment il s'exprime à ce sujet dans le Journal inédit du baron Gourgaud (il s'agit d'une entrevue avec la reine de Prusse après Iéna): «Elle me reçut sur un ton tragique, comme Chimène: Sire, justice! justice! Magdebourg! Elle continuait sur ce ton qui m'embarrassait fort. Enfin, pour la faire changer, je la priai de s'asseoir. Rien ne coupe mieux une scène tragique; car, quand on est assis, cela devient comédie.» Ça reste à voir...

mercredi 16 mars 2011

De l'individu au groupe...


Une pièce de théâtre devrait être écrite, décorée,
costumée, accompagnée de musique, jouée, dansée
par une seul homme.
Cet athlète complet n'existe pas.
Il importe donc de remplacer l'individu
par ce qui ressemble le plus à un individu:
un groupe amical.
Préface aux Mariés de la tour Eiffel

Belle petite définition...

mardi 15 mars 2011

Drame ou tragédie?

Antigone, peinture de Nikoforos (1832-1904)
Bonne question que celle-ci... Alors que je commentais ce que j'ai vu de l'Antigone en chantier, j'ai dit aux artisans qu'il fallait faire attention (à moins d'en faire un choix conscient) de ne pas ramener la tragédie à la simple échelle du drame. Qu'est-ce qui distingue l'un de l'autre si dans la tragédie il y a un drame et dans le drame, du tragique? Pas si évident... Le grand Corvin - Michel de son prénom - (Dictionnaire encyclopédique du théâtre) peut donner de bonnes pistes de rélfexion... DRAME: [...] Cette catégorie plus éthique qu'esthétique sous-tend la conception dialectique du drame qui prévaut d'Aristote à Hegel: porté par la volonté des personnages, l'action y progresse par la résolution des conflits successifs vers la synthèse ultime où les subjectivités seront réconciliées au sein d'une nouvelle réalité. Dans le drame moderne au contraire - Szondi situe la «crise» qui lui donne naissance vers 1880 -, l'action humaine, libre, individuelle est frappée d'impossibilité par les forces sociales (Hauptmann, Brecht), par le poids du passé (Ibsen), par l'usure du temps (Tchekhov), par la présence obsédante de la mort (Maeterlinck), par l'emprisonnement en soi-même (Strindberg) ou dans le langage (Beckett). et maintenant... TRAGÉDIE (la grecque, pour être plus précis): [...] Empruntant ses sujets aux mythes héroïques, la tragédie met en scène des héros d'un autre âge pour le mettre en question au nom des valeurs civiques et des «modes de pensée nouveaux qui marquent l'avènement du droit dans le cadre de la cité». (J-P Vernant). Mais en même temps, elle met les valeurs démocratiques à l'épreuve du mythe. [...] Elle pose la question fondamentale de la politique et s'intéresse essentiellement à l'homme en tant qu'il est un animal social. [...] D'autre part, il ne faut pas oublier que la représentation tragique était à Athènes étroitement intégrée à une cérémonie religieuse en l'honneur de Dionysos, le dieu au masque qui brouille les frontières du réel et de l'imaginaire. Et la critique contemporaine tend à mettre l'accent sur la dimension religieuse de la tragédie grecque qui met en scène des sacrifices humains, fait grand usage des métaphores sacrificielles et intègre des éléments rituels comme la supplication ou la prière. Bon. Il faut ajouter que si le premier met en scène des hommes (à titre épicène, bien sûr...) dans toute leurs hommeries, la seconde présente des personnages de rang élevé quasi divin. Suis-je plus avancé?

lundi 14 mars 2011

«Antigone» de Sophocle


Voici l'image de l'affiche de l'Antigone de Sophocle telle que l'a voulu le Collectif N.A.T.A.S. (qui signifie Notre Association Théâtre Au Saguenay), maître d'œuvre du projet...

Schème Danse cherche de nouveaux talents...


Je viens de recevoir un communiqué que je retransmets ici...

Schème Danse, seule compagnie de danse contemporaine professionnelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean annonce des auditions qui auront lieu le samedi 19 mars 2011 au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, 200 Rue Hôtel de ville, de 12h30 à 16h. Ces auditions ayant pour but de sélectionner des talents de la relève qui auront la possibilité de participer aux nombreux projets, classes et créations à venir pour la compagnie.

Artistes polyvalents

L’audition ne s’adresse pas seulement aux danseurs possédant une formation spécifique, mais aux artistes qui possèdent une dextérité et une facilité d’apprentissage du mouvement et des talents d’interprètes. Soucieux de s’ouvrir au milieu artistique en général ainsi qu’à différentes disciplines, tout en valorisant différents types de talents, l’audition se divisera en plusieurs sections :

-Technique ballet classique et danse moderne.
-Improvisation et créativité.
-Interprétation et théâtralité.

Nous sommes donc à la recherche d’artistes motivés désirant s’impliquer dans les activités de la compagnie et mettre un pied dans le milieu de la danse professionnelle.

Rappelons que Schème Danse est un organisme à but non lucratif dont le mandat est de promouvoir la danse et de mettre de l’avant le travail de chorégraphes, interprètes et créateurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en plus de développer le public de la danse.

Pour informations ou inscriptions visitez notre page Facebook ou communiquez avec nous par téléphoner au 418. 944.3152 ou par courriel : schemedanse@hotmail.com.

«Antigone» de Sophocle

Antigone (Maude Cournoyer), photographie: Guillaume Ouellet

J'ai passé la journée d'hier dans l'auditorium de l'ancien Lycée du Saguenay (une magnifique salle de la fin des années cinquante qui mérite le détour!) pour assister à une répétition de l'Antigone de Sophocle mis en scène par le collectif N.A.T.A.S. (composé de Maude Cournoyer et de François-Mathieu Hotte qui signe sa première mise en scène théâtrale) en collaboration avec le Théâtre 100 Masques.

Le projet se fait dans le cadre du laboratoire annuel de ce dernier... laboratoire toujours tenu en mars consacré à l'exploration d'un type de théâtre, d'un style de jeu. Il s'agit là, en comparaison avec le théâtre d'été, d'une petite forme. Ces laboratoires, qui réunissent le plus spécifiquement des gens de la relève, aboutissent toujours à une série de représentations. Au fil des années, il y a eu: Ipso Facto (2001), Les Nuits blanches (2002), L'Ordre du monde (2009), Les Impromptus scéniques (2010).

Antigone, donc...

Le texte de cette tragédie est troublant d'actualité, comme c'est souvent le cas avec les textes antiques.

Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge. (wiki)

À travers cet argument joyeux, on aborde le thème du pouvoir, du pouvoir qui s'accroche à lui-même, du défi de l'autorité, des valeurs bafouées au nom du peuple, etc. Il y a, dans ce texte, des lignes qui pourraient (même si ce n'est pas le vœu du collectif) se rapporter à la crise qui secoue le monde arabe... Des lignes fortes, des personnages immenses...

La mise en scène est somme toute assez simple et pourtant, réalisée avec beaucoup de finesse et une vision bien définie du théâtre... qui sera, j'imagine, consolidée et bonifiée dans les jours à venir alors que le projet entame son dernier droit. Les trois comédiens principaux (Maude Cournoyer, Mélanie Potvin et Éric Renald) tirent bien leur épingle du jeu de même que le choeur composé de cinq étudiants en interprétation du Cégep de Jonquière. Le défi principal posé à toute cette équipe (outre le fait de jouer dans ce lieu qui impose, malgré sa majestuosité, une multitude de contraintes) serait, après réflexion, de ne pas ramener cette tragédie au niveau du drame...

Ce sera là, je pense, un bon laboratoire. Il sera présenté à compter de la semaine prochaine, pour cinq représentations, de mardi à vendredi (soit du 22 au 25 mars) à 20h (avec une matinée, le vendredi, à 13h30). Comme c'est devenu une habitude dans ce cadre de production, après chaque représentation, il y aura une courte discussion avec les artisans du spectacle.

Voilà. D'autres détails dans les jours à venir!



dimanche 13 mars 2011

Haro sur l'égocentrisme...


Les acteurs n'incarnent pas,
et pas plus que la mise en scène
ils ne doivent se prendre pour l'objet du spectacle.
Le spectacle n'a pas lieu sur la scène
mais dans la tête du spectateur.
Dans leur imaginaire.
Donc dans la salle.

[...]

En finir avec l'idée
que nous sommes des fabricants de représentation,
des fabricants de spectacle
pour une salle de voyeurs
qui regarderaient un objet fini,
un objet terminé considéré comme «beau»
et proposé à leur admiration.

Cette déclaration intense et toute aussi intéressante que difficile de mettre en pratique vient de Claude Régy, dans Espaces perdus, publié en 1998 chez Solitaires intempestifs.