lundi 14 mars 2011

Schème Danse cherche de nouveaux talents...


Je viens de recevoir un communiqué que je retransmets ici...

Schème Danse, seule compagnie de danse contemporaine professionnelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean annonce des auditions qui auront lieu le samedi 19 mars 2011 au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, 200 Rue Hôtel de ville, de 12h30 à 16h. Ces auditions ayant pour but de sélectionner des talents de la relève qui auront la possibilité de participer aux nombreux projets, classes et créations à venir pour la compagnie.

Artistes polyvalents

L’audition ne s’adresse pas seulement aux danseurs possédant une formation spécifique, mais aux artistes qui possèdent une dextérité et une facilité d’apprentissage du mouvement et des talents d’interprètes. Soucieux de s’ouvrir au milieu artistique en général ainsi qu’à différentes disciplines, tout en valorisant différents types de talents, l’audition se divisera en plusieurs sections :

-Technique ballet classique et danse moderne.
-Improvisation et créativité.
-Interprétation et théâtralité.

Nous sommes donc à la recherche d’artistes motivés désirant s’impliquer dans les activités de la compagnie et mettre un pied dans le milieu de la danse professionnelle.

Rappelons que Schème Danse est un organisme à but non lucratif dont le mandat est de promouvoir la danse et de mettre de l’avant le travail de chorégraphes, interprètes et créateurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en plus de développer le public de la danse.

Pour informations ou inscriptions visitez notre page Facebook ou communiquez avec nous par téléphoner au 418. 944.3152 ou par courriel : schemedanse@hotmail.com.

«Antigone» de Sophocle

Antigone (Maude Cournoyer), photographie: Guillaume Ouellet

J'ai passé la journée d'hier dans l'auditorium de l'ancien Lycée du Saguenay (une magnifique salle de la fin des années cinquante qui mérite le détour!) pour assister à une répétition de l'Antigone de Sophocle mis en scène par le collectif N.A.T.A.S. (composé de Maude Cournoyer et de François-Mathieu Hotte qui signe sa première mise en scène théâtrale) en collaboration avec le Théâtre 100 Masques.

Le projet se fait dans le cadre du laboratoire annuel de ce dernier... laboratoire toujours tenu en mars consacré à l'exploration d'un type de théâtre, d'un style de jeu. Il s'agit là, en comparaison avec le théâtre d'été, d'une petite forme. Ces laboratoires, qui réunissent le plus spécifiquement des gens de la relève, aboutissent toujours à une série de représentations. Au fil des années, il y a eu: Ipso Facto (2001), Les Nuits blanches (2002), L'Ordre du monde (2009), Les Impromptus scéniques (2010).

Antigone, donc...

Le texte de cette tragédie est troublant d'actualité, comme c'est souvent le cas avec les textes antiques.

Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge. (wiki)

À travers cet argument joyeux, on aborde le thème du pouvoir, du pouvoir qui s'accroche à lui-même, du défi de l'autorité, des valeurs bafouées au nom du peuple, etc. Il y a, dans ce texte, des lignes qui pourraient (même si ce n'est pas le vœu du collectif) se rapporter à la crise qui secoue le monde arabe... Des lignes fortes, des personnages immenses...

La mise en scène est somme toute assez simple et pourtant, réalisée avec beaucoup de finesse et une vision bien définie du théâtre... qui sera, j'imagine, consolidée et bonifiée dans les jours à venir alors que le projet entame son dernier droit. Les trois comédiens principaux (Maude Cournoyer, Mélanie Potvin et Éric Renald) tirent bien leur épingle du jeu de même que le choeur composé de cinq étudiants en interprétation du Cégep de Jonquière. Le défi principal posé à toute cette équipe (outre le fait de jouer dans ce lieu qui impose, malgré sa majestuosité, une multitude de contraintes) serait, après réflexion, de ne pas ramener cette tragédie au niveau du drame...

Ce sera là, je pense, un bon laboratoire. Il sera présenté à compter de la semaine prochaine, pour cinq représentations, de mardi à vendredi (soit du 22 au 25 mars) à 20h (avec une matinée, le vendredi, à 13h30). Comme c'est devenu une habitude dans ce cadre de production, après chaque représentation, il y aura une courte discussion avec les artisans du spectacle.

Voilà. D'autres détails dans les jours à venir!



dimanche 13 mars 2011

Haro sur l'égocentrisme...


Les acteurs n'incarnent pas,
et pas plus que la mise en scène
ils ne doivent se prendre pour l'objet du spectacle.
Le spectacle n'a pas lieu sur la scène
mais dans la tête du spectateur.
Dans leur imaginaire.
Donc dans la salle.

[...]

En finir avec l'idée
que nous sommes des fabricants de représentation,
des fabricants de spectacle
pour une salle de voyeurs
qui regarderaient un objet fini,
un objet terminé considéré comme «beau»
et proposé à leur admiration.

Cette déclaration intense et toute aussi intéressante que difficile de mettre en pratique vient de Claude Régy, dans Espaces perdus, publié en 1998 chez Solitaires intempestifs.

Au théâtre, cette semaine! (du 13 au 19 mars 2011)

Le Sommeil de Salvador Dali

Petite semaine de répit dans le monde théâtral saguenéen... L'offre, à ce chapitre, est presque nulle... Si ce n'est ces quelques rendez-vous:

Vendredi - 18 mars 2011
Auditorium Polyvalente Charles-Gravel (Chic.), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre donne une reprise du très bon solo Le Conte bancaire de Piedestal. Après les succès solos de Diogène et de Trac, c’est au tour de Piédestal de vivre l’expérience folle d’être seul sur scène, d’affronter le public, de mourir d’angoisse et de vouloir disparaître tellement sa confiance en lui est fragile. Saura-t-il surmonter les obstacles et vaincre ses démons pour donner un spectacle vivant, drôle et touchant aux admirateurs des Clowns noirs ? Sera-t-il à la hauteur ? Est-ce que le théâtre aura ...raison de lui ? Venez le soutenir, puisqu’il trouve que la barre est haute !

Samedi - 19 mars 2011
Auditorium d'Alma, 20h

L'Auditorium d'Alma reçoit la troupe de danse Racines pour son spectacle de gumboot salué et acclamé par le public. Cette danse percussive inventée par des esclaves travaillant dans les mines d’or d’Afrique du Sud a joué un rôle important dans leur quête de résistance, de regroupement et d’affranchissement. En alliant cette discipline avec de la danse contemporaine, des chants et des textes, Racines tente de poser un regard à la fois lucide et plein d’espoir sur le monde qui nous entoure et sur celui qui nous succèdera.

C'est tout, je crois... Si j'oublie des trucs (représentations, réunions, conférences, formations, etc.), qu'on me le fasse savoir!

samedi 12 mars 2011

Lecture formelle


Pour trouver ce qui pourrait faire office de «position neutre» dans l'exécution du texte, rien de mieux que commencer par une lecture strictement formelle s'attardant sur le vocabulaire (sa sonorité, ses syllabes), la syntaxe (les liaisons), le rythme et la ponctuation.

Simple en apparence, l'exercice prend des proportions de véritable défi, pointant là une faiblesse de beaucoup d'interprètes qui prennent la lecture pour acquis. Les écueils se multiplient au gré de la lecture et le sens s'y perd. Qu'est-ce qui est demandé? Une lecture précise, avec l'intégralité des syllabes, des liaisons, des ponctuations et du souffle de la phrase, aussi longue soit-elle... Et c'est là qu'on s'aperçoit de la paresse de notre propre lecture...

La forme même est trop souvent éludée alors que c'est elle qui doit devenir le support de la théâtralité et de la performativité du comédien.

Spontanément, l'acteur cherche à interpréter dès le départ alors que ce qui prime, c'est l'établissement d'un canevas rythmique. Nous retournons donc à la base (et c'est fort complexe!): guide de prononciation, de phonétique, de déclamation, de français normatif... auxquels nous ajouterons les principes Meyerhold. Enfin, la structure même du texte (sa mise en page) sera explorée pour voir comment elle influe sur la lecture.

L'entraînement devient vite nécessaire afin d'acquérir une capacité de lecture à vue efficace et dynamique, codée de façon à pouvoir interagir avec l'autre. Un travail rigoureux qui demande une conscience amplifiée et une virtuosité vocale et littéraire sans faille.

Quand le volet lecture sera complété, nous pourrons passer à du travail d'interprétation...


La Visite [Carnet de mise en scène]

Je réfléchis beaucoup, depuis quelques jours, aux maquillages requis pour la production en cours... et voici les constatations:

il faut des maquillages qui ne distinguent pas les hommes des femmes... qui uniformisent le fait que des hommes jouent des femmes et vice-versa;

en ce sens, il faut des maquillages neutres, unisexes qui pourtant, devront rehausser le caractère formel des personnages (et se lier aux décors, costumes, jeu)... bref, il faut des maquillages surprenants;

compte tenu du fait qu'il fait très chaud dans les costumes et que l'arrivée de l'éclairage amplifiera cette chaleur (surtout sur le petit espace); compte tenu que les comédiens courent en coulisse et n'auront pas le temps de faire des retouches et de le changer d'une scène à l'autre, il faut des maquillages léger et pourtant marqués accentuant principalement les yeux et la bouche, siège de l'expression faciale.

Devant ces constatations, deux options s'offrent à nous:

1- ou bien nous effaçons toutes les lignes du visage pour obtenir des espèces de masques neutres un peu comme sur l'image suivante:


danseurs de butô

2 - ou bien nous laissons le visage relativement naturel mais sur lequel nous délimitons avec emphase et les yeux et les sourcils (option que je retiens personnellement) comme sur les images suivantes:



À ce chapitre, voici quelques mots de Patrice Pavis dans l'excellent et nécessaire ouvrage L'Analyse des spectacles, publié en 1996 aux Éditions Nathan.

[...] Dès lors qu'il n'obéit plus à une banale tâche de soulignement et confirmation des traits vraisemblables et réalistes du personnage, le maquillage forme un système esthétique qui n'obéit qu'à ses propres règles. [...] Souvent le maquillage devient, dans la mise en scène contemporaine, beaucoup plus qu'un déguisement ou un soulignement des traits existants: c'est un vertige qui bloque toute interprétation assurée et toute métamorphose définitive.

Voilà une belle description de sa fonction...

vendredi 11 mars 2011

Une position neutre au théâtre pour la voix


Comme en danse, comme dans les arts martiaux, il doit y avoir, au théâtre, une position neutre pour l'interprète. Neutre ne signifie pourtant pas mou et relâché.

Il s'agit au contraire d'une position très construite qui ne relaxe pas le corps mais, au contraire, le tient en éveil, prêt à réagir et à entrer en action.

C'est donc un placement rigoureux (qui, à la longue, devient naturel) de la tête sur son axe, dégagée et soutenue; des épaules ouvertes; des bras tenus dans l'axe du corps, les paumes qui se font face; les jambes ouvertes, les pieds parallèles, à la largeur du bassin; les genoux un peu fléchis.

Cette position doit pouvoir donner l'impulsion nécessaire au corps de l'interprète.

Ça, c'est un fait...

Maintenant, pour mes recherches doctorales, je m'attacherai, avec mon équipe de comédiennes, à trouver l'équivalent pour la voix, pour la garder prête à aborder le texte. Un point de départ essentiel avant la construction du vocabulaire sonore qui sera l'essentiel de ce premier volet consacré à redéfinir un nouveau rapport au texte à partir des théories meyerholdiennes.

Voici la base de ce travail concret qui s'amorce...


jeudi 10 mars 2011

Le budget du Conseil des Arts de Saguenay


Le budget alloué au Conseil des Arts de Saguenay a été confirmé par l'administration municipale lors du comité exécutif du 2 février dernier. (Le procès-verbal de cette réunion est en lien, ici, en PDF... et la résolution qui concerne le CAS, la VS-CE-2011-176, est en page 45).

On y lit:

CONSIDÉRANT la demande du Conseil des arts de Saguenay de confirmer leur budget pour l’année 2011 ;

CONSIDÉRANT l’enveloppe budgétaire consentie en 2009 et 2010 qui incluait un montant récurrent de 354 300 $ pour le soutien au fonctionnement des organismes et un montant de 85 000 $ en soutien au fonctionnement du Conseil des arts ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires du Conseil des arts de Saguenay pour son fonctionnement au montant de 104 165 $ ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires de la Ville de Saguenay pour la réalisation des mandats spécifiques du Conseil des arts de Saguenay ;

CONSIDÉRANT les disponibilités budgétaires au budget du Service des arts, de la culture, communautaire et bibliothèque ;

À CES CAUSES, il est résolu:

QUE la Ville de Saguenay confirme au Conseil des arts de Saguenay une disponibilité financière de 439 300 $ pour la réalisation des mandats du conseil pour l’année 2011 répartie comme suit :
- 354 000 $ en soutien au fonctionnement des organismes ;
- 85 000 $ pour le soutien au fonctionnement du Conseil des arts (AO-2011-35).

ET QUE les fonds requis soient puisés à même le poste budgétaire 700180-0-29700.

Adoptée à l'unanimité.

En gros, finalement, si je comprends bien, c'est le même montant qui est reconduit depuis 2009 (le 354 000$ vaut pour 20 organismes reconnus selon cette liste... soit une moyenne de 17 700$ par organisme)... nonobstant les demandes d'augmentation qui ne manquent sûrement pas... et, en ce sens, il s'agit donc là d'un autre statu quo pour les organismes, le cadre financier ne changeant pas. En trois ans, pourtant, nombre de ceux-ci ont - grâce, notamment, à cet apport nouveau - développé leur structure... qui stagne maintenant depuis trois ans...

Par exemple, pour le Théâtre 100 Masques, ça équivaut à 5 000$... un petit montant qui a fait une différence énorme, permettant de créer un poste permanent... et donc, d'augmenter les charges de l'employeur. On peut supposer que d'années en années, il y a amélioration. Et c'est ce que les dossiers déposés années après années tentent de prouver. Et pourtant, il y a impasse. Les coûts augmentent de toutes parts... Les besoins minimaux (même pas réels) de la compagnie sont, aujourd'hui, de 9000$... mais il semble qu'aucun organisme ne puisse compter sur d'éventuelles augmentations.

Si je comprends toujours bien, ce comité exécutif s'est tenu le 2 février... il y a donc un peu plus d'un mois. Et pendant ce temps (du moins, en date de ce matin, 7h58!), silence radio... encore... C'est le brouillard.

Où sont les questions et où sont les réponses? (Bon... il y en a tout de même, des réponses, dont le rapport annuel 2009 du CAS... le mot du président en page 9 et 10... qui en dit long...)
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Pour les amateurs, il y a, dans les pages précédentes (pp. 41 à 44), une série de résolutions portant sur la rénovation de l'Auditorium-Dufour...


mercredi 9 mars 2011

De la performativité selon Kantor

Voici (redonnée dans sa mise en forme originale) une définition de ce que pourrait être la performativité selon Kantor (qui parle, dans ce cas-ci, de théâtre-happening)... cette notion qui inscrit l'acteur dans le moment présent, en action ouverte avec celui-ci... Elle est tirée de l'ouvrage Le théâtre de la mort, paru aux Éditions L'Âge D'Homme (Lausanne) en 2004 (p. 159):


MÉTHODE DE L'ART D'ÊTRE ACTEUR

Jusqu'à la fin des répétitions je reste méfiant en ce qui concerne une PROGRAMMATION complète de l'acteur.

Je veux le retenir le plus longtemps possible à l'étape de ses «PRÉDISPOSITIONS» ÉLÉMENTAIRES.

Faire jailli ses possibilités et ses activités «innées», «premières», créer cette ZONE DE «PRÉ-EXISTENCE» DE L'ACTEUR, qui n'est pas encore encombrée par l'univers illusoire du texte.

Ceci ne résulte nullement d'une hostilité à l'égard du texte, ni d'une intention de le reléguer au second plan. Au contraire.

JE VEUX QUE LA RÉALITÉ QUE REVENDIQUE LE TEXTE NE SE CONSTITUE PAS FACILEMENT ET SUPERFICIELLEMENT, QU'ELLE S'AMALGAME, S'UNISSE INDIVISIBLEMENT AVEC CETTE PRÉ-EXISTENCE (PRÉ-RÉALITÉ) DE L'ACTEUR ET DE LA SCÈNE, QU'ELLE S'Y ENRACINE ET QU'ELLE EN SURGISSE.

Je considère cette méthode comme essentielle, décidant de l'autonomie du spectacle.

Voilà une méthode qui n'a rien de commun avec celle qui est aujourd'hui généralement acceptée et appliquée et qui ne pénètre et n'analyse que l'espace du texte dramatique et de ce fait, quels que soient ses moyens et ses trucs, se réduit à la seule reproduction.

L'acteur ne joue aucun rôle, ne crée aucun personnage, ni ne l'imite, il reste avant tout soi-même, un acteur chargé de tout ce fascinant BAGAGE DE SES PRÉDISPOSITIONS ET DE SES DESTINATIONS.

Loin d'être une copie et une reproduction fidèle de son rôle, il l'assume, conscient sans cesse de ses destinées et de sa situation.

Parfois il s'engage à fond de façon tout à fait naturelle dans son rôle pour l'abandonner ensuite quand il lui plaira, et le confondre avec le flux libre, omniprésent et continu de la matière scénique.

CETTE ZONE LIBRE DE L'ART DE L'ACTEUR DOIT ÊTRE PROFONDÉMENT HUMAINE. J'ENTENDS PAR LÀ L'UTILISATION D'ACTIVITÉS RUDIMENTAIRES (ÉLÉMENTAIRES) ET DES MANIFESTATIONS LES PLUS GÉNÉRALES ET LES PLUS COURANTES DE LA VIE.

Réunion importante

Ce matin se réunit, à 9h, dans les locaux saguenéen du CRC (la maison de briques rouges dans le bassin, en bas de la petite maison blanche), le groupe (ou table?) de compétence en théâtre. Plus les gens en théâtre y participent (pour cela, pas besoin d'une carte de membre ou d'une reconnaissance... seul le désir de s'impliquer suffit) et le plus cet outil peut devenir dynamique et efficace. Ce matin, nous y discuterons de sujets importants: comme la diffusion d'une vidéo promotionnelle du théâtre saguenéen, la tenue d'un premier forum sur le théâtre saguenéen et ce sera l'occasion de prendre connaissance de l'activité proposée par le C.R.I. dans le cadre de la Journée Mondiale du Théâtre, le 27 mars prochain.

J'y reviendrai plus tard, en long et en large, aujourd'hui ou demain...

À suivre...

mardi 8 mars 2011

Un théâtre fondateur?

The first play in Canada, un dessin de Charles William Jefferys.

C'est en 1606 que le théâtre a officiellement (y en a-t-il eu auparavant? peut-être...) fait irruption sur ce nouveau territoire qu'était, à l'époque, la Nouvelle-France. Il s'agissait d'un spectacle donné le 14 novembre dans la baie de Port-Royal par un équipage français sur un texte de Marc Lescarbot (voir ici) intitulé Le Théâtre de Neptune en la Nouvelle-France:


Par la suite, selon les livres d'histoire, il n'y eut qu'une petite trentaine de représentations (souvent houleuses) durant les 150 ans que dura le Régime français (alors qu'en France, de 1606 à 1763, régnèront de grands auteurs dramatiques: Corneille, Molière, Racine, Marivaux... et un peu plus tard, Beaumarchais). Que d'occasions perdues!

lundi 7 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Voici l'affiche de la production 2011 du Théâtre Mic Mac, La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir. C'est une conception et une réalisation de Christian Roberge (qui signe, avec talent et compétence, les affiches de cette troupe depuis déjà plusieurs années!):


Le travail fait ces deux derniers jours a été concluant même si...

Même s'il manquait du monde...
Même s'il était sous le signe de la contrariété...
Même s'il était impossible d'en faire plus malgré le temps disponible...

Les principaux éléments du programme (le prologue et les changements de décors) se sont bien déroulés... de même que le reste des scènes prévues à l'horaire. Toutefois, nous aurions eu du temps pour en faire encore et encore...

Malheureusement, les circonstances (l'absence de comédiens) rendaient ce souhait un peu utopique... Les personnages de cette production sont bien dessiné, la mise en place fonctionne, le texte est su. Et ils sont plusieurs! La difficulté réside ailleurs. Car s'ils sont effectivement nombreux, leur présence effective est généralement rapide (plus de l'ordre du caméo et du numéro d'acteur). Pas de temps, pas de matière assez dense pour s'y arrêter dans du travail individuel. Il faut, pour avoir un résultat probant, les aborder par le biais de la dynamique scénique, de leur interrelations avec les autres, notamment avec le personnage principal (Monique) qui agit comme pivot. L'absence de ce pivot rend le travail inutile en ce sens où ce n'est pas sur la coquille qu'il faut agir mais sur son déploiement. Dans ce contexte, c'est la véritable dynamique (des corps, des caractères) qu'il nous faut... pour inspirer, donner les pistes de solution.

Mais malgré tout...

Je reste content et satisfait. Nous n'avons pas de retard (même si j'aurais aimé pouvoir commencer à mettre en place la technique) et il reste encore le quart des répétitions à venir. Le seul petit hic, c'est de réussir à réunir tout le monde d'ici les générales qui approchent!